Partager

Pour contribuer au renforcement des activités, et accroître la disponibilité et l’accessibilité de l’information sur les Infections Sexuellement Transmissibles (IST) et le VIH/Sida en faveur des jeunes migrantes, l’ONG/AFEM vient d’initier le financement d’un projet de fourniture des services de proximité, qui complètera la formation des filles migrantes en matière de compétence de vie.

L’état de paupérisation continue qui sévit au Mali depuis la grande sécheresse a favorisé l’immigration massive des populations rurales vers les grandes villes. Cette immigration s’est élargie aux jeunes filles et garçons des campagnes.

Arrivés dans les grandes agglomérations, le plus souvent à la recherche du bien- être, ces jeunes sont utilisées comme employées de maison. C’est ainsi que chaque année, à Bamako, plus de 200 000 filles de 8 à 15 ans travaillent dans les ménages.

Les raisons fondamentales de leur venue dans les grandes villes sont la préparation de leurs trousseaux de mariage et la recherche des compléments d’impôts pour leurs parents.

Compte tenu de leur salaire mensuel très dérisoire -3500 F à 7.5000 F FA, pour la grande majorité – ces filles s’adonnent à des activités de libertinage sexuel sans en mesurer les conséquences, qui sont, entre autres, l’exposition aux IST, au Sida, aux grossesses non désirées, aux abandons d’enfants, à l’infanticide, à la délinquance, la drogue…

Ainsi, l’ONG/AFEM, en initiant son programme d’alphabétisation et de post- alphabétisation, a pris en compte des problèmes spécifiques de ces filles migrantes. Et le projet de fourniture des services de proximité pour la lutte contre le Sida et les IST complètera la formation de ces filles, en matière de compétence de vie.

En 2001, une enquête menée par ISB, CDC Altlanta et PSI/Mali a révélé que 1,7% des filles migrantes ont été déclarées séropositives ; 4,6% de prévalence IST, et 63% ne connaissent aucune méthode contraceptive.

Il faut souligner que les partenaires privilégiés de ces filles sont des jeunes gens avec lesquels elles sont arrivées du village, en plus des ouvriers et des apprentis-chauffeurs.

Les stratégies utilisées pour la réalisation du projet sont, entre autres : le renforcement de compétences de 144 animatrices de centres d’alphabétisation et post- alphabétisation en IEC/IST/VIH/Sida/SR/PF, l’organisation d’un circuit de vente de produits contraceptifs dans chaque centre…

Les activités prévues dans le même projet se résument au recyclage des animatrices, à la formation des pairs éducateurs, l’organisation de 32 séances de sensibilisation à l’intention des filles migrantes et mendiantes, des auditrices dans les centres permanents d’alphabétisation et post-alphabétisation de AFEM, l’adaptation et à la production de matériels socio- éducatifs.


Moussa TOURE

30 août 2007.