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L’économie mondiale est actuellement envahie par une crise sans précédent suite à des spéculations excessives. Les effets de cette crise se sont propagés à travers le monde en fonction de la connexion de chaque pays à l’économie internationale. Dans cette lancée, le Mali étant dans une entité territoriale qu’est l’Afrique qui est à la traîne par rapport au système aura donc moins de revers collatéraux, à condition que les uns et les autres mettent les bouchées doubles.

Pour expliquer cet état fait, le CPD (Club Perspectives et Développement) a organisé le samedi 8 novembre à l’hôtel Salam une conférence-débats. Les principaux orateurs furent Madani Tall, Amadou Djéri B. Bocoum. La conférence s’est également déroulée en présence de hauts cadres, dont Ahmed Diane Séméga, Ahmed Sow, Seydou Cissouma.


Les origines de la crise financière

Plus d’un an après son déclenchement aux USA, en Eté 2007 avec la crise des supprimes (crédit immobilier à haut risque), la crise financière fait des ravages sur toutes les places boursières internationales. Avec une chute brutale de plus de 20% en quelques jours, soit la plus grave crise depuis plus de 20 ans.

En effet, le 19 octobre, la bourse de New York enregistrait une baisse de 23%, entraînant pour la première fois la plupart des marchés mondiaux à la baisse. Depuis les crises sont restées circonscrites, soit à une région (Asie 1997-1998), soit aux valeurs technologiques comme lors de l’éclatement de la bulle Internet en 2001.
Les efforts palliatifs échoues

La suite des événements ressemble à la chute en chaîne de dominos avec la disparition de la banque Lehman Brothers aux USA. L’échec des plans d’urgence comme le plan américain de rachat des actifs toxiques des banques ou la garantie des dépôts et des prêts interbancaires ou les semi-nationalisations en Europe n’ont pas eu pour l’instant l’effet escompté.

Pas plus les injonctions quotidiennes de liquidité par les banques centrales ou la baisse concertée des taux d’intérêt. La récession annoncée de l’économie mondiale et les risques sous-jacents sur les économies sous développées inquiètent les acteurs du développement.

Quant à l’Afrique, la plupart des économies sont sous programmes dits de réduction de la pauvreté avec le Fonds Monétaire International et la Banque mondiale, avec comme finalité l’insertion à l’économie mondiale à travers le commerce international et la promotion d’une économie de marché où les interventions de l’Etat seraient limitées aux fonctions régaliennes de régulation et de contrôle.

Les bilans des premières générations de mise en oeuvre de cadre stratégique de lutte contre la pauvreté ont montré que les progrès sont lents pour soutenir et orienter les efforts des pays en développement, la communauté internationale a initié les programmes OMD, la déclaration de Paris pour l’efficacité de l’aide.


Le mali et la crise financière mondiale

La conférence commença par les interventions de bienvenue de Kissima Gakou, coordinateur scientifique adjoint CPD et du président du CPD Ahmed Diane Séméga.

Ensuite, les différents intervenants ont soutenu que la crise actuelle trouve son explication dans une spéculation excessive due à la course effrénée du gain facile à travers des transactions boursières. En ce qui concerne le cas du Mali, ils ont souligné que les effets seront moins dévastateurs parce que nos banques possèdent peu de ressources en dehors du continent.

Mais par contre, les secteurs tels que l’aide publique au développement, les investissements étrangers directs, les transferts des travailleurs migrants, les programmes de privatisation seront éprouvés. Les orateurs ont par ailleurs soutenu que cette crise est une chance pour le Mali dans le sens de la prise de conscience pour relancer tous les secteurs capables de propulser le développement escompté.


Mamoutou DIALLO (Stagiaire)

10 Novembre 2008