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L’Association des écoles privées agréées du Mali (AEPAM) vient de mettre à exécution une menace qu’elle avait faite au ministre des enseignements secondaire, supérieur et de la recherche scientifique. Dans une correspondance en date du 11 mars 2008, elle menaçait de suspendre les cours à partir du 31 mars dernier jusqu’au paiement intégral des frais scolaires des établissements membres. Aujourd’hui, c’est chose faite. Les écoles privées sont entrées en grève sur toute l’étendue du territoire national.

Rappelons qu’une réunion du département, relative à l’examen de préparation des diverses décisions portant orientation, réorganisation et le transfert des nouveaux titulaires du DEF, passages et redoublements, régularisation des anciens élèves et de la décision portant attribution des frais scolaires et demi-bourses entre le cabinet ministériel et les partenaires de l’école, s’était tenue le vendredi 7 mars 2008. Cette réunion était boycottée par l’AEPAM car la structure incriminée, notamment la CPS par l’entremise de sa directrice voulait présider cette réunion. L’AEPAM a estimé qu’on ne peut être juge et partie : elle a vidé la salle.

Malgré tout, le ministre a établi un chronogramme qu’il n’arrive pas à respecter. Le vendredi 14 mars était consacré au dépôt des listes des retardataires au niveau de la CPS. Cette structure avait exigé le dépôt des actes de naissance des élèves omis. Ce qui fut fait par les promoteurs, mais jusque là, aucune décision concernant ces élèves n’est tombée.
Mais, l’Association des écoles privées agréées du Mali estime que le contenu de la correspondance du ministre est en total déphasage avec l’arrêté ministériel fixant les taux des frais scolaires alloués aux établissements privés d’enseignement secondaire.

Les dates de paiement semestriel sont fixées au 15 mars et au 15 mai. Les taux, qui sont déterminés en fonction des filières de formation, sont fixés comme suit par élève : enseignement secondaire général 80 000 FCFA, CAP tertiaire 90 000 FCFA, CAP industrie et BT, tertiaire font chacun 110 000 FCFA, BT agro-pastoral, BT industrie et BAC technique font également chacun 135 000 FCFA.

Cette grève intervient une semaine après la fin du délai de 15 jours accordé par l’AEPAM au département. Le 1er avril, une lettre de confirmation a été envoyée au ministre qui n’a pas réagi. Suite à une assemblée générale le 5 avril, l’AEPAM a décidé d’observer une grève illimitée mais les membres vu la situation déplorable de l’école ont décidé d’observer une semaine avant de voir plus clair.

Ce n’est pas la première fois que les écoles privées partent en grève.
On se rappelle que les promoteurs d’écoles privées avaient arrêté de travailler en début d’année pour contraindre le Gouvernement à respecter ses engagements. Cet arrêt de travail de 72 heures avait été fortement ressenti dans les milieux scolaires de Bamako. Le motif était de protester contre le retard dans le paiement des frais scolaires que l’Etat leur devait au titre l’année scolaire 2006-2007. L’entrée des écoles privées en grève suscite beaucoup d’inquiétudes quand on sait que les écoles publiques tournent déjà très mal.

L’Etat va-t-il assumer ses responsabilités pour limiter les dégâts ?

Soumaila T. Diarra

08 avril 2008.