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A sa mine, l’imam comprit tout de suite que ce fils-là avait quelque chose de très important, d’urgent même à lui communiquer. S’étant excusé, il le rejoingnit et lui demanda la raison de sa présence. Celui-ci sans « salamalékoum » lui annonça à brûle-pourpoint qu’il y avait un homme dans la chambre de sa mère. L’imam lui demanda de répéter ce qu’il venait de dire afin de s’assurer lui-même qu’il avait bien entendu.

L’enfant lui répéta ce qu’il avait déjà compris.

Cette fois, l’imam ne s’excusa plus auprès des fidèles afin d’éviter de révéler son secret, sa honte. Son enfant sur ses talons, il sortit précipitamment de la mosquée et une fois dehors, il releva les pans de son grand boubou pour piquer un sprint forcené vers son domicile où il arriva assez essoufflé mais toujours motivé à surprendre ces fils de satan dans leur basse œuvre de fornication, qui plus est se passe chez lui sous son toit.

Dans la chambre, Madame avait entendu et reconnu les pas de l’imam. L’heure était grave. Cessant les affaires, l’épouse demanda à l’amant de se camoufler sous un paquet de linge entassé dans un coin. Ce qu’il fit comme un rat juste au moment où l’imam pénétrait dans la chambre. En même temps qu’il posait des questions, il recherchait son rival dans les coins et recoins.

C’est alors que celui-ci surgit du tas de linge et bondit sur l’imam qu’il se mit à rouer de coups. Surpris, le dirigeur de prières ne faisait qu’appeler à l’aide pendant que son cocufieur le rouait de coups, l’entortillait dans son grand boubou et l’aplatissait au sol avant de tenter de s’enfuir par la porte restée ouverte. Une fois dehors, il tomba nez à nez sur les voisins alertés par les cris de l’imam. Ceux-ci qui avaient compris le pourquoi des hurlements du chef de la mosquée, tombèrent à bras raccourcis sur le chercheur de femme d’autrui.

Ils le frappèrent, le malmenèrent et n’arrêtèrent de cogner que lorsque l’homme ne bougea plus. C’est à l’hôpital que le cocufieur ira recouvrer ses esprits en sortant de son évanouissement certainement étonné d’être toujours en vie et avec en tête l’engagement qu’on ne l’y rependrait plus. Mais je me suis laissé dire que l’adultère c’est un peu comme l’alcool : qui a bu, boira. Ce sera cependant le diable si avec la séance gourdin dont il a été victime, cet homme recommençait. Sait-on jamais ? alors Imam, vigilance !

Sakré Chédou OUEDRAOGO

02 novembre 2007