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« Nous avons du respect pour ces deux cadres du parti et nous ne voulons pas polémiquer sur leur départ. Mais comme vous insister, je peux simplement vous dire que ces deux vice-présidents ne participent plus aux activités du parti depuis plusieurs mois….» .Celui qui parle ainsi n’est autre que le Secrétaire général du Congrès national d’initiative démocratique (CNID-FYT), Dr Amadou Baba Sy, désormais ancien ministre des Mines (lors de la transition). C’est en réaction à la démission cette semaine des vice-présidents Akory Ag Iknane et de l’honorable Hady Niangadou, qui ont tous les deux tu les raisons exactes de leur départ du parti du soleil levant.

Pour le secrétaire général du CNID-Faso Yiriwa ton, la crise sociopolitique qu’a connue le Mali a eu des incidences sur presque toutes les formations politiques. Et, dit-il, c’est normal que face à un choc comme celui que le pays a connu, il y ait des divergences dans les approches pour en sortir.

Et Dr Amadou Baba Sy de rappeler qu’après le coup d’Etat, les responsables du CNID ont réfléchi pour décider qu’ » il faut adopter une attitude de sagesse ». Que sous-entend cette attitude ? Le Secrétaire général du parti du soleil levant affirme qu’ « en tant que démocrate et républicain, le parti a condamné le coup d’Etat avec fermeté. Mais, il fallait accompagner, encadrer les jeunes militaires pour leur sortie de la scène politique ». Cette lecture, reconnaît-il, n’a pas été du goût de certains militants, mais en démocratie, laisse-t-il entendre, lorsque le parti opte pour une position, il faut s’y conformer.

A en croire M Sy, personne n’a de leçon de démocratie à donner au CNID-FYT. Et l’histoire a fini par donner raison au parti, puisque, ajoute-t-il, tout le monde a vu que les militaires ont joué un rôle important dans la transition. » Tout le monde a fini par composer avec les militaires ! « , a-t-il déclaré.

C’est cette logique qui a conduit le CNID à mettre sur pied le regroupement Convergence pour sauver le Mali (CSM), qui s’est voulu la voie médiane pour concilier les deux blocs antagonistes dits anti-putsch et pro-putsch. « Mais en ces moments, il faut signaler que le député et le vice-président du parti, Hady Niangadou, participaient régulièrement aux activités du FDR et ne prenaient plus part aux activités du parti. De même, depuis trois ou quatre mois, le vice-président Akory Ag Iknane ne participait plus à nos activités…« .

Pour le Secrétaire général du parti du soleil levant, l’heure n’est pas à la polémique pour jeter l’opprobre sur qui que ce soit. Les responsables de cette formation politique, avec à leur tête, le président et député de Ségou, Me Mountaga Tall, préparent tranquillement les prochaines élections législatives. « Nous ne pouvons que constater avec regret le départ de nos deux camarades du comité directeur national et leur souhaitons bon vent », a-t-il déclaré.

Il a affirmé que le changement à son corollaire de perturbations chez les acteurs politiques qui aiment se repositionner. Ces perturbations peuvent traverser plusieurs formations politiques. Surtout que la transhumance politique est devenue une tare congénitale des partis politiques maliens. « Ce n’est donc pas une crise » et cela ne saurait être le monopôle du CNID-Faso Yiriwa Ton.

Rappelons qu’en début de cette semaine les membres fondateurs du parti du soleil levant ont claqué la porte. Dans les lettres de démission adressées au président du parti, l’honorable Me Mountaga Tall, Pr Akory Ag Iknane écrivait : « par la présente, j’ai l’honneur de vous transmettre ma démission de toutes les instances du parti, le Congrès national d’initiative démocratique (CNID-FYT) dont j’assumais jusqu’à ce jour, les fonctions de président de la section de la commune I du district de Bamako, coordinateur des régions de Kidal et Gao et vice-président du parti ».

Membre fondateur de l’association CNID et membre du Comité directeur du parti, de sa création en 1990 à aujourd’hui, Pr Akory Ag Iknane annonce être dans « l’obligation de démissionner de cette formation politique pour diverses raisons qu’il ne sied pas d’exposer actuellement ». Même son de cloche chez Hady Niangadou.

Bruno D SEGBEDJI

27 Septembre 2013