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Comment manager une télévision?”, voilà un thème sur lequel les directeurs des télévisions publiques et privées d’Afrique de l’Ouest auront à pencher durant trois jours. Le choix de ce thème vise à décéler les difficultés auxquelles les télévisions publiques ou privées africaines sont confrontées en vue de pouvoir apporter des solutions concertées afin de rendre performantes leurs prestations au service des populations d’Afrique et de son développement.

L’ouverture de cette rencontre de Bamako était présidée par Mme la ministre de la Communication et des Nouvelles Technologies, Diarra Mariam Flantiè Diallo. Elle était accompagnée par M. Sidiki N’Fa Konaté, Directeur général de l’ORTM, non moins président du Réseau de l’Audiovisuel Public d’Afrique Francophone (RAPAF), M. Jean Mino, Directeur général de Canal France International, M.

Doucouré, représentant du chef de l’Etat auprès de l’Organisation Internationale de la Francophonie et M. Tidiane Dioh, responsable du Programme Médias à l’OIF, le partenaire indéfectible de RAPAF. C’était à hôtel Salam de Bamako.
RAPAF

Le Directeur Général de l’ORTM, après avoir souhaité la bienvenue aux participants, a signalé que le RAPAF a été créé en juin 2007 à Bamako. Il s’est assigné donc comme objectif de promouvoir le développement de certaines structures de radios télévisions publiques et privées dans l’Espace Francophone Africaine.

Il a permis également de renforcer le partenariat entre les directeurs des télévisions en vue de combler les imperfections de chacun pour que leurs prestations servent aussi à renforcer leur capacité pour un développement meilleur des télévisions d’Etats.

Quant au représentant de Canal France International, pour lui, le monde est allé d’une télévision d’Etat à une télévision pluraliste. Selon lui, sa structure se réjouit des partenariats tant avec les pays du Nord qu’avec ceux du Sud. C’est pourquoi, il dira que cette coopération vise un double objectif.

Comme par exemple sur la bonne gouvernance, l’approche visuelle de ceux du Nord n’est pas la même pour les Sudistes. Raison pour laquelle, M. Jean Mino a invité les Directeurs des télévisions de l’Afrique Francophone à se battre pour que leurs télévisions soient au service des téléspectateurs.

L’Objectif de la rencontre

Selon le représentant de l’OIF, l’Afrique de l’Ouest comme centrale ont beau être un ensemble politique cohérent, les paysages télévisuels diffèrent d’un Etat à un autre, c’est pourquoi, après les rencontres de Bujumbura et Burundi, tous les participants ont été convaincus de la nécessité de séparer les difficultés de celle de la radio.

Aussi, il est apparu nécessaire d’inclure les télévisions privées pour mener un travail de réflexion plus gobal.. “Comment manager une télévision?”, il dira que le titre peut paraître surprenant de prime abord.

En vérité, il s’agira, ensemble de se pencher sur les maux qui retardent l’évolution de nos télévisions. La situation est dans l’ensemble assez préoccupante, car l’on a souvent confondu libéralisation et absence de politique de régulation.

Il a été également question d’une assimilation de la grande offre télévisuelle au système démocratique. Par contre, la réalité est plus complexe car, dans certains pays, les chaînes publiques, depuis des années, ont succombé dans tous les sens du terme sous le nombre impressionnant des télévisions privées et internationales.

Mais trop souvent, les télévisions, toutes les télévisions, évoluent dans un environnement dépourvu de règles précises.

Parallèlement aux autres régions africaines, l’Afrique se trouve livrée quasiment à elle même en matière de télévision, c’est pourquoi Tidiane Dioh dira que la rencontre qui a débuté hier se propose de partir des différentes expériences tentées en Afrique de l’Ouest.

Pour le cas de Mali, il a expliqué que la cohabitation de la chaine de service public et de celles des privées dont africable est en parfaite harmonie.

Quant au représentant du chef de l’Etat, il a adressé la salutation fraternelle du président de la République aux représentants des pays. Il a ensuite reitéré l’accompagnement constant du l’OIF au RAPAF

Télévision , une structure patronante

Dans son intervention, Mme la ministre a souligné que ce thème d’une brulante actualité les interpelle en tant que professionnels. Il intéresse, mieux il passionne toutes les composantes de la société africaine francophone en ville ou en campagne.

Parce que la télévision est aujourd’hui une composante essentielle du système d’information et de communication dans notre espace.

Nous devons tirer un grand profit de la révolution numérique et emprunter des raccourcis dans tous les domaines sur les meilleurs pratiques constatées ici et ailleurs, a-t-elle ajouté.

A ce titre, Mme la ministre s’est réjouie de l’approche intégrée pour avoir su associer le public et le privé, faisant ainsi du partenariat public-privé une réalité.

S’agissant d’un modèle unique de gestion et de promotion d’une télévision en Afrique de l’Ouest, Mme Diarra Mariam Flatiè a déclaré que la tâche est ardue et l’attente est grande. C’est la raison pour laquelle elle a appelé les participants à faire une large réflexion et interrogation sur soi-même, et introspection en vue de faire face au présent.

Aussi, elle leur a demandé de voir avec réalisme la télévision africaine publique et privée, riche de sa diversité au service des hommes et des femmes, pour un développement durable dans l’espace commun ouest-africain.

Durant ces trois jours plusieurs thèmes seront débattus par les directeurs. On peut citer notamment, l’Afrique de l’Ouest de la fin des monopoles dans les domaines de la télévision. Comment faire pour une meilleure coexistence entre les télévisions publiques et privées? Quels textes de lois faut-il pour rendre cette cohabitation harmonieuse? Comment se partager le marché?

Il sera aussi question des eujeux de la réception et de la diffusion.


Hady BARRY

21 Mai 2008