Partager

Absent du pays le mercredi dernier, le Président de la République avait laissé des instructions pour un report du Conseil des ministres qui s’est finalement tenu hier jeudi. En réalité, Amadou Toumani Touré avait décidé de faire le ménage au sommet des trois plus grands services de sécurité du pays : la direction générale de la Sécurité d’Etat (Dg SE), la gendarmerie, et la police nationale. Et le chef de l’Etat a informé hier le gouvernement de sa décision. Selon des sources proches de la présidence, la révocation de ces trois responsables de la sécurité est consécutive aux événements survenus à Bamako, le dimanche 27 mars après le match Mali-Togo.

Le chef de l’Etat a en effet estimé que les forces de sécurité ont pêché dans la gestion de ces événements. Nos sources précisent que ATT n’a pas de griefs particuliers contre les responsables sanctionnés qui du reste sont tous trois des «amis» à lui. Cependant, fallait-il situer les responsabilités dans la «défaillance» des services concernés.

Que peut-on leur reprocher ? Et la responsabilité du premier responsable de la Sécurité, le Colonel Sadio Gassama, Ministre de la Sécurité ? Autant de questions que se posent aujourd’hui certains milieux politiques et sécuritaires de la capitale.

Des proches du président

Les trois responsables révoqués ont en commun d’appartenir au cercle présidentiel. Pour preuve. Directeur de la Sécurité d’Etat depuis près de deux ans, Hamidou Cissoko «Man», Colonel de gendarmerie, est un intime parmi les intimes du chef de l’Etat. Homme de confiance d’ATT depuis sous la Transition, il a suivi le chef de l’Etat dans différentes missions y compris en Centrafrique. L’homme voue une fidélité sans faille au Général.

Entre ATT et «Man» c’est aussi une longue amitié même dans le privé. Les deux hommes font ensemble du sport tous les jours. Cependant, il est reproché à «Man» et à ses services de n’avoir pas été assez prévoyants au sujet des événements du dimanche.

Idem pour les directeurs de la gendarmerie et de la police nationale.

En effet, tout comme Cissoko, Ouattara et Diagouraga sont considérés à juste titre comme des fidèles du chef de l’Etat. Le premier a été nommé à la direction de la gendarmerie, il y a près d’un an seulement.

Quant à Mahamadou Diagouraga «Diagouss», il était aux commandes de la police, depuis plus de deux ans. Auparavant il avait occupé de hautes fonctions à la police avant de se retrouver Commissaire au Nord, aux lendemains de la signature du Pacte national en 1992. Il fit ensuite une carrière diplomatique en qualité d’Ambassadeur du Mali en Egypte. Très discret, Diagouraga avait surtout axé ses efforts sur le retour de la discipline au sein de la police malienne. Il lui est notamment reproché et au directeur de la gendarmerie la «mauvaise» gestion de la crise du 27 mars par leurs forces.

Pour le reste, les spéculations ont déjà débuté sur les prochaines nominations au niveau des trois services…

C.H Sylla

4 Avril 2005