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S’il y a aujourd’hui une affaire qui retient l’attention des Maliens, c’est bien le procès qui oppose la société de téléphonie mobile ORANGE-Mali au Réseau Malien des Consommateurs de Téléphonie Mobile (REMACOTEM). Ce mercredi 17 Septembre, le Tribunal de la Commune V saisi du dossier a été pris d’assaut par un public de curieux.

Après avoir écouté les Avocats de toutes les parties impliquées dans le dossier, le tribunal a décidé de renvoyer l’affaire pour le mardi prochain (3 Septembre), jour retenu pour la délibération.

Au commencement de cette affaire qui prend de plus en plus prend des proportions inattendues, notamment avec l’implication d’autres entités -en l’occurrence la société “Call me” et la SOTELMA-Malitel-, il y avait le problème du fameux numéro spécial créé par “Call me“.

Ce procès met, sans nul doute, en évidence toutes les astuces utilisées pour faire payer le prix fort par les Maliens, en matière d’utilisation téléphonique. Même si on peut lui concéder que c’était par inadvertance, un avocat, exprimant son étonnement face au président du Tribunal a lâché le morceau.

Parlant de ORANGE-Mali et de la SOTELMA-Malitel, l’éminent avocat et non moins conseiller de la société “Call me” a ce procès, a déclaré : “Toutes les deux font la magouille sur le dos des utlisateurs”. Une révélation qui n’a pas manqué de provoquer des remous dans l’assistance.

A observer le déroulement du procès et à l’analyser de près, après l’intervention des représentants des différentes parties, on est tenté de constater que des zones d’ombre persistent toujours. “Est-ce que la SOTELMA-Malitel n’est pas dernière cette affaire ?”, interrogeait sans cesse un homme visiblement étonné par ce jugement où la société citée n’a été appelée à comparaître que de force par les avocats de la partie qui a introduit la plainte, c’est-à-dire ceux du REMACOTEM.

Mais dans tous les cas, dans les prochains jours, toute la lumière sera faite sur ce dossier. Surtout que selon certains témoins, le président du Tribunal, le juge Mahalmadan Founé, n’est pas du genre à “blaguer” et considérer une telle affaire comme simple ou banale.

Aussi dit-on qu’avec son expérience en matière de juridiction malienne, il saura élucider tous les tenants et aboutissants de cette affaire, en dépit de tout le brouillard qui semble l’entourer.


Call me” persiste et signe

Call me n’est pas en complicité avec ORANGE. Call me, comme le groupe Tigo du Sénégal, n’est pas une filiale du groupe français. Elle est intervenue simplement pour faire bénéficier son expertise dans la fixation de numéros spéciaux affectés à des services. C’est le cas au consulat de France, tout comme à l’ORTM, à l’Aéroport de Bamako-Sénou, et dans les banques”, a informé l’avocat de “Call me“.

Il tentait ainsi de clamer l’innocence de la société “Call me” qui clame qu’elle n’a rien à voir avec ce procès dans lequel elle est citée. Selon son avocat, c’est une affaire entre deux géants de la téléphonie, en l’occurrence ORANGE-Mali et la SOTELMA-Malitel. Pourquoi alors vouloir traîner “Call me” dans la boue ? Seule la SOTELMA-Malitel est bien placée pour répondre à cette interrogation.

En effet, pour bon nombre de Maliens, ce procès n’est rien d’autre qu’un montage grossier pour régler les comptes d’un concurrent qui dérange peut-être. Sinon, qu’est ce qui empêcherait les deux sociétés de parler le même langage, lors de ce procès ?

La conviction d’un avocat est que l’action a été initiée pour déstabiliser un concurrent bien placé. “Call me n’est pas un opérateur téléphonique ; il gère tout simplement les numéros spéciaux attribués. Dans ce qu’elle fait, elle le fait sur la base d’un contrat”, ajoutera l’avocat qui semble se plaindre de l’attitude de l’autre opérateur téléphonique. Manifestement, ce procès aura permis aux Maliens d’en savoir beaucoup sur nos sociétés : leurs pratiques, leur désir du gain prélevé sur les revenus des pauvres populations utilisatrices ou bénéficiaires de leurs services…

Rappelons que “Call me” est un prestataire indépendant. Pour la gestion des uméros spéciaux objet de la querelle, il avait passé un contrat avec SOTELMA-Malitel, avant ORANGE-Mali. Mais de façon unilatérale, la société a décidé de supprimer les lignes, sans calculer les préjudices sur le prestataire qui, malgré tout, n’en pipe mot.

Avec ORANGE-Mali, par contre, tout marchait à merveille avant le procès qui ne fera que mettre en évidence les soupsçons de la SOTELMA-Malitel. Cette dernière a récemment fait une proposition d’offre commerciale à “Call me” qui s’attendait pourtant à cela depuis plusieurs années, a-t-on révélé devant le juge.

Alors pourquoi cette proposition d’offre de la part de la SOTELMA-Malitel aujourd’hui ? Pourquoi a-t-elle aussi décidé de supprimer les lignes qu’elle avait attribuées, à travers le contrat passé avec la société “Call-me” ? A -t-on tout dit dans ce procès ? Quelle peut être la responsabilité de “Call me” ? Sa présence se justifie t-elle à ce procès ? Autant de questions qui auront certainement des réponses le 23 Septembre.

Laya DIARRA

18 Septembre 2008