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Les députés dits « mal élus » ont animé une conférence de presse, le mercredi 29 juillet, au Mémorial Modibo Keïta au cours de laquelle ils ont écarté toute idée de démissionner. C’était sous l’égide de son porte-parole Gouagnon Coulibaly, député élu à Kati.

Les députés dits « mal élus » opposent une fin de non-recevoir aux recommandations des Chefs d’Etat de la CEDEAO. « Nous ne démissionnerons pas », a déclaré tout de go Gouagnon Coulibaly, porte des députés dits « mal élus ».

Cette réponse des députés mal élu sonne comme un désaveu aux Chefs d’Etat de la sous-région qui à l’issue de leur sommet extraordinaire du lundi 27 juillet avaient appelé à la démission des députés dont l’élection est contestée et l’organisation des élections partielles dans les circonscriptions électorales concernées.

Cette décision, explique le député élu à Kati, ne répond ni à la Loi électorale encore moins à la Constitution du Mali. C’est une violation de la Loi fondamentale du pays, car dit-il, la Cour Constitutionnelle en rendant son arrêt met définitivement fin au contentieux électoral.

« Demander la démission d’un député élu est illégal », tranche-t-il. Tout en rappelant qu’un député est élu pour cinq ans, Gouagnon Coulibaly a précisé qu’un élu de la Nation peut quitter son poste pour trois raisons. Il s’agit de son décès, d’une poursuite judiciaire qui lui a fait perdre son droit civique ou qu’il démissionne de son propre gré.

Gouagnon Coulibaly a rappelé qu’en plus des Indépendants élus dans le cercle de Koro, trois des six partis politiques concernés par la déclaration des Chefs de l’Etat ont demandé à leurs députés de ne pas démissionner. Il s’agit de l’URD, de la CODEM, de l’APR. « Nous attendons la décision des autres partis que sont le RPM, parti au pouvoir, l’ADEMA-PASJ et le CDS Mogotiya », a-t-il affirmé.

De son côté Boncano Maiga, consultant en gestion de crise, a rappelé la procédure de la médiation de la CEDEAO avant de s’opposer à son tour à l’appel des dirigeants de la sous-région. « Comment demander à des députés élus de quitter le pouvoir. Si les députés ne veulent pas, personne ne peut les empêcher », soutient l’analyste.

Une idée soutenue et partagée par l’avocat Maitre Oumar Konaré. « Même si leurs partis politiques leur demandent de démissionner s’ils veulent ils peuvent refuser car ils ne sont pas les députés de leurs parti mais plutôt le député du peuple »,a-t-il argumenté.

Après le M5-RFP, c’est autour des députés dits « mal élu » de rejeter les résolutions du sommet extraordinaire des Chefs d’Etat de la CEDEAO. C’est dire que le problème rester entier.

Bamako, le 30 Juillet 2020
Abdrahamane SISSOKO
Source: Maliweb.net