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Les élus de la nation sont allés, le week-end, à l’école de la coopération Mali-Union Européenne. Durant deux jours, du samedi 9 au dimanche 10 février, les députés se sont familiarisés, dans la salle Awa Kéïta de l’hémicycle, avec des thèmes riches et variés tels que : «le rôle de l’Assemblée parlementaire ACP-UE et les attentes de l’Assemblée nationale du Mali par rapport audit séminaire, état des lieux de la situation économique, financière et sociale du Mali, historique et évolution récente de la coopération Mali-Union européenne et des négociations sur les APE, processus de programmation du 10ème, présentation du Document Stratégie Pays et du Programme Indicatif National, appui budgétaire de la Commission européenne».

Il y a eu également l’intervention des bénéficiaires de l’aide de l’Union européenne : Mohamed Ag Erlaf de l’ANICT, Bina Coulibaly de l’Equipement et des Transports et certains membres de la société civile.

Placé sous la présidence de Dioncounda Traoré, le séminaire parlementaire a enregistré la présence effective du ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Moctar Ouane, et de ses homologues des Enseignements Secondaire, Supérieur et de la Recherche Scientifique, de l’Agriculture et des Relations avec les Institutions de la République. Il y avait également le Chargé d’affaires de la Délégation de la Commission européenne, Gabin Hamann.

Dans son allocution, le locataire du perchoir a, d’entrée de jeu, relevé l’importance de la rencontre : «Le séminaire parlementaire sur le 10ème FED que nous ouvrons ce matin revêt pour nous, parlementaires maliens une importance capitale à plusieurs titres, qui sont autant de raisons pour lesquelles j’ai tenu à en assurer la présidence de séance effective, dans son intégralité. En premier lieu, il est une opportunité offerte aux membres du gouvernement, aux parlementaires et aux représentants de la société civile de se retrouver, pour réfléchir ensemble en toute sérénité. Cela est une excellente chose quel que soit, par ailleurs, l’objet de ces réflexions. En l’occurrence, l’objet est ici d’un enjeu majeur, puisqu’il s’agit de la mise en œuvre de l’Accord de Cotonou, régissant la coopération entre les pays ACP et l’Union européenne».

Pour Dioncounda Traoré, il s’agit d’échanger sur le présent et l’avenir de la coopération entre le Mali et son premier partenaire en la matière, l’Union Européenne, à travers la présentation du 10ème FED, couvrant la période 2008 – 2013.

«Les négociations avec nos partenaires sont bouclées, mais nous restons dans le starting-block. Alors, choisir cette phase pour permettre aux députés de la présente législature, nouvellement élus à 80%, de s’imprégner, avant démarrage, de la philosophie et du mécanisme ayant prévalu à la programmation du 10ème FED ainsi que des éléments du Document de Stratégie Pays et du Programme Indicatif National, acquiert un intérêt pédagogique certain.

Ainsi, pourront-ils suivre, pratiquement de bout en bout, la mise en œuvre du 10ème FED. Car tels sont les résultats attendus. Au sortir de ce séminaire, nous souhaitons que les parlementaires maliens soient à même de se doter des outils qui leur permettraient de maîtriser la connaissance des choix opérés par les autorités maliennes, des stratégies qui en découlent, des ressources mobilisables, des critères de gouvernance requis et, enfin, de leurs responsabilités propres dans le suivi de la mise en œuvre de ce financement du développement du Mali par la Communauté européenne» a expliqué Dioncounda Traoré.

Avant de révéler à ses collègues que «les parlementaires nationaux seront désormais destinataires des projets de Documents de Stratégie Pays, ainsi que des projets de Documents de Stratégies Régionales, afin d’être à même de débattre, dans un esprit de dialogue responsable et fécond, avec leurs exécutifs. Ainsi, ils seront assurés que les préoccupations des populations ont effectivement été prises en compte, et que celles-ci sont réellement bénéficiaires des fruits de la coopération».

Auparavant, l’Ordonnateur du FED, Moctar Ouane, avait rappelé aux députés la pertinence et le dynamisme de cette coopération, en soulignant la mise à disposition du Mali par la Communauté européenne d’une enveloppe de près de 367 milliards de nos francs, dans le cadre de Document de Stratégie Pays et le Programme Indicatif National qu’il a lui-même signés à Lisbonne, le 9 décembre 2007, avec Louis Michel, Commissaire au développement et à l’action humanitaire de l’Union Européenne.

«En décidant, à l’invitation de l’Assemblée parlementaire paritaire ACP – UE, d’examiner ces deux documents, l’Assemblée nationale du Mali entend, me semble t-il, engager un dialogue politique avec le gouvernement sur les priorités qui ont été choisies par celui-ci pour un financement du Fonds européen de développement. Cette perspective encourageante témoigne de l’évolution qualitative de votre institution, notamment s’agissant de son implication progressive dans l’examen des politiques de coopération, en l’occurrence l’Union Européenne».

Pour sa part, le Chargé d’affaires de la Délégation de la Commission européenne, Gabin Hamann, a laissé entendre que l’Accord de Cotonou contient une dimension politique d’une importance nouvelle, et insiste notamment sur le respect des droits de l’homme.

Il a également rappelé que l’accent est désormais mis sur la participation de différents acteurs notamment ceux non-étatiques. Ce qui est, de son point de vue, une évolution importante. Il rompt, dans ses principes, avec les Conventions de Lomé, considérées comme le «pré carré» des gouvernements centraux.

Chahana TAKIOU

11 Février 2008.