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L’actualité de la semaine a été très riche par la lettre ouverte adressée au ministre de l’Administration territoriale par l’ancien ministre d’ATT en la personne de M. Djiguiba Keïta. Notre ami de l’Union nationale des élèves et étudiants du Mali (UNEEM) est parti jusqu’à qualifier le régime du gouvernement de transition d’une République bananière. Pourtant, notre ami était dans le gouvernement d’ATT en janvier 2012 quand les localités de : Tin-Zaoutène, Tessalit, Ménaka, Léré étaient occupés par des forces étrangères. L’élection présidentielle était programmée pour le 29 avril 2012 et jusqu’au 21 mars 2012, personne n’a vu le fichier électoral pour l’organisation des élections.

Depuis janvier 2012, l’administration était totalement absente de la ville de Ménaka. Et pourtant, notre camarade, Djiguiba Keïta, était bien membre du gouvernement d’ATT. Celui qui qualifie, le gouvernement de transition de «République bananière», oublie que ce gouvernement dont il fût membre, c’est lui qui incarnait la République bananière. Ce gouvernement avait caché une «zone d’ombre» au peuple malien. Et d’après François Mitterrand, «lorsqu’une zone d’ombre échappe au regard du peuple, il n’y a pas de République».

Le PARENA, son parti politique qui l’avait proposé comme ministre du gouvernement d’ATT, était un des partis politiques qui a permis l’avènement d’ATT au pouvoir en 2002. Le leader du parti, M. Tiébilé Dramé, avait bien dit en 2007 lorsqu’ATT est parti à ses trousses pour la gestion de l’organisation du sommet France-Afrique (2005) à Bamako, que le président ATT était venu chez eux pour solliciter leur aide pour qu’il soit élu président en 2002 pour un seul mandat.
Le contrôle de la gestion du sommet France-Afrique, a été facteur de la brouille entre le Parena et votre ami ATT. Le PARENA est allé aux élections en 2007.Combien de pourcentage, vous avez eu ? Peut-on comparer l’organisation des élections de 2007 à celles de 2013 ?
De 1992 à nos jours, pas d’élections organisées dans notre pays qui soient meilleures à celles organisées en juillet et août 2013. Ne vous attaquez pas gratuitement au ministre de l’Administration territoriale. «Toutes les réponses du monde ne justifient pas qu’on ait jeté aux chiens l’honneur d’un homme». (François Mitterrand).

En parlant de prime pour le coup d’Etat, le président ATT avait aussi eu sa prime du coup d’Etat de mars 1991 contre le président Moussa Traoré. Le président Alpha a pris un décret qui amnistie le président Moussa Traoré pour tous les actes posés à partir de novembre 1969 (date de son incorporation dans l’armée malienne) jusqu’à la date de passation de témoin au président Konaré (8 juin 1992).
Il ne faut pas oublier aussi que le général de Gaule a été condamné par le maréchal Pétain. De Gaule aussi est rentré par une porte hors la loi mais il le fallait pour sauver l’honneur et la dignité de la France. Raison pour laquelle j’approuve l’action du 22 mars a été nécessaire et juste pour rétablir le Mali dans sa dignité et son honneur. C’est grâce au coup d’Etat de mars 1991 que les révolutionnaires dont PPR, sont venus au pouvoir et à leur tête M. Alpha Oumar Konaré, ton mentor.

C’est un pronunciamiento électoral qui avait porté le général ATT au pouvoir en 2002.Il ne faut pas oublier aussi que les putschistes de novembre 1968 avaient élevé le lieutenant Moussa Traoré (sous-officier qui avait été élevé au grade de lieutenant par le président Modibo Keïta) au grade de colonel après avoir mis tous les officiers supérieurs à la retraite. Au lieu de parler de cette prime de coup d’Etat, où sont vos 70 généraux ? Comment le Mali est tombé aussi bas et à sa tête un général et d’autres 70 généraux en activité ? Quel paradoxe ! Tu n’as été un opposant au président ATT que lorsqu’il a voulu vous impliquer.

Après, en 2011, il a invité le Parena à la soupe. Mais il ne faut pas oublier une chose, le plus mauvais gouvernement que le Mali ait jamais connu après son indépendance, est celui dont tu as été membre et sous lequel notre pays a été occupé par des forces étrangères. Le président ATT a aussi été le plus mauvais président que le Mali ait eu si nous paraphrasons Dr Seydou Badian Kouyaté, père de l’hymne national du Mali, ancien ministre du président Modibo Keïta.

En 2007, tu n’as pas demandé la démission du ministre de l’Administration territoriale qui avait organisé les élections. Tu n’as pas aussi démissionné du gouvernement qui est responsable de l’occupation de notre pays par les forces étrangères. Ton homonyme, Moussa Traoré rit de toi, car c’est sous le règne des révolutionnaires «démocrates» que le Mali est tombé si bas.
Le professeur N’Diaye a raison de qualifier les démocrates maliens de «perroquets de la démocratie» en se référant au président Modibo Keïta.
S’il s’agit de prime pour le coup d’Etat du 22 mars 2012, il y’avait eu d’autres primes avant celle-ci. Tu as oublié les primes qui avaient permis d’intégrer au sein des forces armées et de sécurité les ennemis rebelles qui avaient tué des dizaines parmi nos vaillants soldats. As-tu oublié la prime qui a permis aux anciens rebelles de d’intégrer la fonction publique sans passer par le concours d’entrée ? Concours institué par une loi votée par le législateur malien depuis 1968.

La loi malienne a été piétinée pour intégrer les rebelles. N’oublie pas la prime des primes du 23 mai 2006 qui avait consacré à l’Accord d’Alger que j’appelle, «l’Accord de la trahison». Ceux qui l’ont signé doivent répondre de leurs actes et en tête, ton mentor ATT. Toutes ces primes sont l’œuvre des partisans du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République (FDR et associés dont ton parti, le PARENA est membre.
Tu n’as jamais essayé même une fois d’attaquer en justice les différents accords qui ont consacré tant de primes aux différents bandits qui ont pris les armes contre leur pays. Quand il de l’intégration à la fonction publique des différents contractuels dont certains avaient de faux diplômes et que c’est l’une des voix autorisées du FDR qui avait en son temps dit de les laisser et que «ce sont des agents qui ont fait leurs preuves sur le terrain» ? Les 263 fonctionnaires recrutés illégalement à la fonction publique ? C’est malheureux, quand on veut défendre le faux contre le vrai. Quel paradoxe !
Un révolutionnaire doit se méfier d’une souillure à la bouche, aux mains et aux pieds. La roue de l’histoire tourne. Il faut critiquer mais, les critiques doivent être objectives.

Yacouba ALIOU

L’Inter de Bamako du 2 Septembre 2013