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Les propriétaires des concessions cassées à Missabougou, pour la construction du 3e pont, attendent désespérément leurs frais de dédommagements qui s’élèvent à 1,9 milliard de F CFA.

Le 31 mars 2009, date de démolition des concessions situées dans l’emprise et les voies adjacentes du 3e pont de Missabougou, 76 familles ont été jetées à la rue. Mais aucune des maisons n’a pu être reconstruite, puisqu’il n’y a pas eu de dédommagement préalable.

Le samedi 18 avril, le Collectif des déguerpis a donné un point de presse pour déplorer leur situation. Selon le Collectif, le comité interministériel composé des ministères de l’Equipement et des Transports, du Logement, des Affaires foncières et de l’Urbanisme et des Finances a fini avec le travail d’identification des déguerpis. Les chefs des familles recensées ou leurs ayants droits ont tous émargé à côté du montant correspondant à leurs frais de dédommagement. Le montant individuel n’a pas été communiqué à la presse même si certains le jugent alléchant. L’enveloppe totale s’élève à 1,9 milliard de F CFA.

Depuis la valse de signatures, plus aucun geste n’a été fait du côté de l’Etat. Les difficultés budgétaires de l’Etat seraient le motif du retard. Les 76 familles ne savent plus où donner de la tête. Le site des 95 hectares de Yirimadio, prévu pour les accueillir, n’a été attribué que très récemment. Faute d’argent, certains dorment à la belle étoile ou sous des hangars construits avec des tôles ou matériaux de récupération.

Le Collectif, désabusé, a tapé du poing sur la table. Tout en accusant l’Etat d’être responsable de leur situation pour avoir cassé sans dédommagement préalable, il se dit déterminé à utiliser tous les moyens pour ne pas passer l’hivernage dans la rue. Il n’exclut même pas la violence pour se faire entendre.


Abdrahamane Dicko

20 Avril 2009