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Décidés à se battre jusqu’à leur dernier souffle de vie, les anciens occupants des 95 ha de Yirimadio et des 18 ha de Missabougou étaient hier sur le pied de guerre sur les sites.

Prévue pour hier matin l’opération d’attribution du site des 95 hectares de Yirimadio-Nord et des 18 ha de Missabougou par la mairie de la Commune VI n’a finalement pas eu lieu. Mardi, tôt le matin des centaines de propriétaires de maisons démolies par le maire de la Commune VI, Souleymane Dagnon (jeunes, hommes, femmes, enfants se sont fixés rendez-vous sur les deux sites.

Les protestataires entendent empêcher par tous les moyens la ré-attribution de leurs parcelles qu’ils ont occupées depuis plusieurs années à de plus nantis. En effet, le 10 mai 2008, le maire de la Commune VI, M. Dagnon, à en croire le président de l’Association « les voisins unis », Souleymane Thiam, et son secrétaire général, Yaya Tangara, faisant fi de leurs titres de propriétés des lots, conformes au premier plan du lotissement, a démoli les habitations.

Ce sont 1507 chefs de famille qui sont concernées par cette démolition. Aux dires des responsables de l’Association, contrairement aux allégations des autorités municipales et de la mairie du district, « chaque lot possède une lettre d’attribution en bonne et due forme délivrée par l’autorité compétente ».

Aussi le gouverneur du district, ont-ils ajouté, après plainte de la maire de la Commune VI, a pris la responsabilité d’annuler les lettres d’attribution qui donnaient droit à certains propriétaires de construire sur le site des 95 ha de Yirimadio et des 18 ha de Missabougou.


Des millions en poussières

Après la démolition des 1507 maisons, Souleymane Dagnon, selon M. Thiam a élaboré un nouveau schéma de morcellement des lots attribués aux plus offrants. A preuve : « Les maisons de ceux qui ont versé 4 à 5 millions ont été épargnées de la démolition ». Une bonne partie, a-t-il ajouté, a été attribuée à des hauts gradés de l’armée, des journalistes et à des hauts fonctionnaires.

Toutefois, si les déguerpis reconnaissent avoir acheté les terrains auprès des autochtones de Yirimadio et de Missabougou, les anciens propriétaires des champs, la mairie de la Commune VI confirme que les propriétaires ont morcelé et vendu aux plus offrants leurs lopins avec pour seule garantie une simple attestation de vente.

« Les acquéreurs se sont ensuite arrangés à se faire délivrer un carnet de famille par la mairie de la Commune VI pour entamer la construction de leurs maisons » , ajoute notre interlocuteur avant d’ajouter que les gens qui ont construit là-bas n’ont aucune notification, « si ce n’est une simple attestation de vente, établie par les vendeurs desdites parcelles ».

C’est ce qui explique la décision de la mairie de casser toutes les concessions pour prendre possession de son dû. Les propriétaires des terrains litigieux toujours, selon notre interlocuteur, avant la démolition ont reçu une sommation de déguerpir. Le document en date du 9 janvier 2008 précise que les terrains en cause sont « des titres fonciers » appartenant à la mairie de la Commune VI.

D’anciens occupants affirment avoir investi plusieurs dizaines de millions dans la construction de maisons dont certains étaient à deux niveaux. En tout cas, ils se disent décidés à se battre jusqu’à la mort pour ne pas perdre leur lot. « Le maire Souleymane Dagnon doit d’abord nous tuer tous avant d’entamer les travaux de construction ».


Amadou Sidibé

11 Février 2009