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Amina est une fille aguicheuse, de condition modeste, vivant avec sa mère, non mariée. A peine 21 ans, elle s’occupe d’elle et de sa mère. Très belle, elle n’a aucun état d’âme et sort avec qui a les moyens de l’entretenir.


Dans le quartier, à Kalaban, elle a grandi à côté de la famille Diarra. De même âge qu’Aguibou, celui-ci a toujours fantasmé sur Amina. Mais, celle-ci lui a toujours dit qu’elle ne sort pas avec quelqu’un qui n’a pas les moyens de subvenir à ses besoins.


Et les besoins d’Amina ne sont pas à la portée de toutes les bourses : elle paye le loyer de sa mère, la popote, change de moto tous les 6 mois, et veut toujours le dernier modèle de téléphone. Les efforts, les pleurs et les supplications d’Aguibou, ne sont jamais parvenus à émouvoir Amina.
En désespoir de cause, Aguibou, modeste employé de la fonction publique, de catégorie B, a fini par se marier, sans jamais renoncer à avoir un jour Amina dans son lit, puisque les deux familles continuent à être voisines à Kalaban.


Aguibou a tout proposé : le mariage, la passe d’un soir. Mais, les conditions d’Amina demeurent au-dessus de ses moyens. La mort dans l’âme, il s’est résolu à voir le ballet des 4X4 et autres voitures rutilantes qui viennent la chercher ou la déposer.


On ne sait pas quel coup a réalisé Aguibou, mais, il y a une semaine, il a abordé Amina en lui proposant de payer pour une passe. Amina a exigé 100 000 F CFA « à payer en avance ». Séance tenant, Aguibou a payé, tout heureux.


Le rendez-vous a été pris pour le lendemain soir, au bar chinois du coin. Seulement, le même soir, le gouvernement a décrété la fermeture des bars. Arrivés sur place, le couple trouva porte close. Le pauvre Aguibou tremblait de tout son corps quand Amina, avec un sourire en coin, le planta là et appela quelqu’un qui la récupéra sur place.


Depuis, Aguibou ne cesse de lui poser la même question : on va faire comment ? Amina lui dit de patienter jusqu’à la réouverture, car, pas question de rembourser !


Soumba Diabaté

@Afribone