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Les cravates, les bonnets et les fourchettes, on s’en fou !

Les hommes produisent ce qu’ils pensent. La grande problématique, c’est le Mali que nous voulons pour les hommes que nous aspirons à devenir ; l’inverse est tout aussi valable.

C’est triste de voir que nos gouvernants ne savent pas comprendre que nous perdons du temps dans le non-essentiel (cravates, bonnets, fourchettes…). Quelle économie perdue, quelle force évanouie dans des dépenses superfétatoires, quelle mauvaise lecture ! Quand nous ne choisissons pas sur quoi réfléchir, d’autres nous en fournissent ; et voici le résultat !

Entre ceux qui périssent d’insécurité, ceux qui s’appauvrissent et se font étouffer par le misérabilisme, ceux qui ne sont jamais secourus par les gouvernants, ceux qui ne connaissent que la louche en bambou, d’une part ; et ceux qui sont nés avec une louche en or, d’autre part ; il y a tout de même le Mali.

Entre ceux qui peuvent voyager dans l’avion présidentiel parce qu’ils sont bien nés et ceux qui franchissent la mer, il y a encore le Mali qui devrait nous appartenir à tous.
Entre ceux qui savent où atterrir et ceux qui ne mesurent pas le refus qui les attend, le président doit chercher à imposer la justice (la justicia).

Nous ne pourrons pas garantir un avenir meilleur si nous ne visons pas le salut collectif. Nous ne pourrons pas garantir un avenir tout court si nous n’envoyons pas des signaux clairs qui parlent pour, cette fois, à l’autre se trouvant en face de nous, et en faisant cesser d’exister au préalable la méfiance qui prévaut par nous.

C’est normal quand nous fonctionnons avec la mesure des autres, l’étroitesse de nos maigres réalisations qui nous étouffe comme un corset qui ne dit rien (ou du moins fait rire avec un sentiment de victoire et de succès) à ceux-là qui ont pris le soin de nous errer , ou nous sommes cette sorte de laboratoire pour tester les kystes contre la pensée structurante.

Les grandes organisations internationales comme les Nations Unies et les institutions de Bretton Woods, les puissances comme l’Union Européenne et autres ; ne prennent plus au sérieux ce qui se passe chez nous puisque nous avons perdu la capacité de les surprendre positivement.

Une pensée nationale doit survenir pour retenir définitivement que « Nous fûmes quand d’autres…»

Notre pays doit disposer d’un Think tank sur tous les aspects, pas d’un bandage de conseillers avariés comme la bêtise elle-même.

Le Mali a besoin de spécialistes et d’experts dans tous les domaines d’activités, de politiques publiques efficaces, de programmes volontaristes pour remettre en marche vers l’avant un pays qui devra assurer le bien-être de ses fils .

Jacques Dutronc ne disait il  pas que la cravate, c’est le passeport des cons.

Source : Le Poing du 24 Juin 2019