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La démonstration de force attendue a eu lieu. Les compressés de toutes les 56 sociétés liquidées sur les injonctions des institutions de Bretton Woods sont venus en grand nombre pour cette grande marche de protestation.

Elle s’est déroulée jusqu’aux Finances sans incident avec les forces de l’ordre qui n’avaient pas quadrillé le parcours.

Par contre les « ninjas » étaient massés devant les deux portes d’entrée de l’Hôtel des Finances.

Les marcheurs qui étaient conduits par Ousmane Berthé (président de l’ATCM) Amadou Kéïta (Pdt de l’UNTCM) et Cheick Oumar Sissoko (secrétaire général de l’UNTCM, observèrent un sit-in devant les lieux où la foule criait des slogans hostiles au Directeur national du Budget et à tous <>.

Quelques minutes plus tard, la délégation des compressés fut invitée au cabinet de Abou Bakar Traoré, le ministre de l’Economie et des Finances absent en raison du symposium des anciens chefs d’Etat pour le leadership présidentiel en Afrique qui se tient à l’Hôtel de l’Amitié.

Il était représenté par le secrétaire général du département Samba Diallo entouré du Directeur adjoint du Budget Namogo, du Directeur administratif et de responsables syndicaux.

Le secrétaire général du ministère des Finances avait reçu des instructions précises de son ministre et un message à l’intention des émissaires des compressés.

Le ministre Abou Bakar Traoré lui avait demandé de faciliter les voies et moyens pour qu’une solution définitive soit trouvée au paiement des dossiers des compressés; au lieu que le problème rebondisse chaque année.

Aux compressés il demandait que tout le monde accepte de se mettre à table pour négocier en ce sens. Ces derniers ne recherchent pas autre chose.

Ils ont accepté la Commission à condition qu’elle soit refondée en y faisant entrer les associations de compressés. Etant bien entendu qu’ils n’acceptent de siéger à la nouvelle commission que dans le seul but du règlement de leurs dossiers.

Les fonctionnaires des Finances ont été d’accord que tous les dossiers jugés ou en instance, et les recours administratifs soient pris en compte dans leur totalité.

Ils ont reconnu que consciencieusement ils ne sont pas tranquilles de savoir des Maliens dans les rues parce qu’ils attendent d’être payés par l’Etat.

Au nom du ministre, ils ont promis, à travers la commission, de payer les compressés de façon régulière et définitive.

Les cadres du département ont fait un compte-rendu fidèle de leurs entretiens fructueux avec les compressés au ministre des Finances dès son retour.

Ils les recontacteront le plus rapidement possible, c’est à dire au courant de cette semaine selon les instructions du ministre des Finances.

La commission sera remise sur pied et un calendrier de travail sera établi, pour parvenir rapidement à l’objectif souhaité.

La confiance a été ainsi rétablie entre le ministère des Finances et les compressés du Mali. Les choses ont été encore plus facilitées entre les deux parties avec le mea-culpa du Directeur du Budget Abdoulaye Touré, et ses excuses présentées par son adjoint Namogo et acceptées par les compressés.

Ces derniers ont exigé qu’au fur et à mesure des travaux de la commission, les paiements démarrent et continuent régulièrement jusqu’à la clôture définitive des dossiers.

En attendant les compressés du Mali demeurent mobilisés et vigilants.

Oumar COULIBALY

08 juin 2005