Partager

La meilleure façon de lutter contre la pauvreté passe nécessairement par le paiement des droits sociaux des travailleurs compressés du MALI. Malheureusement, durant tout le mois de solidarité et de la lutte contre l’exclusion, les décideurs de ce pays ont pensé à toutes les couches exceptés les déflatés du MALI qui sont exclus du système de production depuis des décennies.

Les compressés du Mali et leurs familles ont perdu espoir et confiance dans la mesure où, le Gouvernement a violé le protocole d’accord du 14 octobre 2005 signé entre le Gouvernement de la République du Mali, le Conseil National du Patronat (C.N.P.M.) et l’Union Nationale des Travailleurs du Mali(U.N.T.M.) en son point N°16 qui précise « Faire payer les arriérés de salaire, les indemnités de licenciement, les fonds de réinsertion et les droits des travailleurs des sociétés et entreprises d’Etat. Une commission interministérielle est mise en place au Ministère des Domaines de l’Etat et des Affaires Foncières en vue de l’examen de la question, au plus tard le 31 mars 2006« .

Il y a lieu d’indiquer qu’à la suite des travaux de cette commission, un rapport final relatif à la détermination des montants des décisions de justice et des réclamations des travailleurs compressés des sociétés et entreprises d’Etat a été déposé à la Primature depuis le 25 septembre 2006.

De cette date à nos jours c’est le black out total. Cette situation désastreuse n’honore pas du tout le Gouvernement. Dans ce rapport, le représentant du Ministre de la justice au sein de la commission a fait observer que « Le contentieux post privatisation a lieu essentiellement au sein des juridictions et implique la participation effective de la Direction Générale du Contentieux de l’Etat qui, en principe, détient l’exacte situation des affaires. Le rapport d’étape recense une situation la plus proche possible de la réalité. Il n’ a pas de contradiction entre les tableaux produits par la commission et les registres des Greffes des juridictions sociales ».

Nonobstant cette évidence, le Gouvernement de son excellence Monsieur le Premier Ministre Ousmane Issoufi Maïga n’est toujours pas prêt à payer les droits sociaux des compressés du Mali.


16 milliards de F CFA pour la modernisation de l’administration et la gestion des finances publiques

En disant dans la note relative à l’état d’exécution du protocole d’accord du 14 octobre 2005 que, le point N°16 concernant les droits sociaux des compressés est partiellement réglé, est dilatoire voire de la diversion de la pire espèce. Et où en est-on avec la promesse du Premier Ministre faite au secrétaire général de l’UNTM depuis 4 mois par rapport à un paiement ?

Pour nous, transmettre un rapport à la primature est totalement différent d’un règlement partiel. Il y a exécution partielle des décisions de justice et réclamation administrative quand il y a un début de paiement. De grâce, un pays ne marchera pas sur du mensonge. « Sachons raison garder  » comme dirait l’autre.

Le Gouvernement du Mali avec l’appui de nos partenaires au développement a injecté la bagatelle de plus de 16 milliards de nos francs pour la modernisation de l’administration et rendre plus souple la fonctionnalité de la nouvelle Direction Générale du Budget. Malheureusement, force est de constater que les efforts du Premier Ministre Maïga et des bailleurs de fonds n’ont pas atteint les objectifs escomptés.

Pire, ces efforts se trouvent donc piétinés en raison de la lourdeur et de la lenteur administrative associées à la mauvaise volonté de certains cadres haut placés de l’Etat. L’affaire des compressés, en souffrance dans les rouages des départements ministériels en est la meilleure illustration. Les pauvres travailleurs compressés, hier braves cadres et agents de l’Etat, qui ont sacrifié leur santé et même leur vie pour la prospérité de ce pays cher à nous tous, aujourd’hui stigmatisés et oubliés par les autorités, ne savent plus à quel saint se vouer.


Quand les compressés interpellent ATT

Monsieur le président, nous vous rappelons que lors de l’audience du mois d’août 2006 au palais de Koulouba, en présence des responsables des 2 associations des compressés (A.T.C.M. et U.N.T.C.M.) n’avez vous pas promis le paiement intégral des droits sociaux des travailleurs compressés du Mali. Présentement qu’en est-il exactement ?

Monsieur le Président, nos enfants « vos amis » sont réellement morts pour vous « U sara y nôfè » sur la route de Gao (paix à leur âme) oui, nous disons bien nos enfants (biologiques ou non) qui sont partis pour de bon sous le regard impuissant et coupable de leurs parents compressés incapables de leur garantir les droits les plus fondamentaux (nourriture, éducation, santé) durant leur bref séjour sur cette planète, faute de ressources. Nous n’avons plus que désolation et illusion comme seuls patrimoines, et vous ATT ? Qu’avez vous fait pour « vos amis défunts  » et ceux qui « vivotent » encore avec leurs parents souvent sans toit, sans emploi et sans d’autres sources de revenus ? C’est ça aussi le Mali démocratique.

De toute façon, les compressés du Mali à travers l’A.T.C.M. et I’U.N.T.C.M. ne font que réclamer leurs droits qui sont d’ailleurs légitimes et non de l’aumône.
Nous saluons et remercions encore une fois de plus le geste syndical de l’Union Nationale des Travailleurs du Mali (U.N.T.M.) et leur sens des la solidarité qui n’a jamais fait défaut à l’endroit des déflatés.

Nous sommes convaincus que, Monsieur Siaka Diakité secrétaire général de l’U.N.T.M et tout son staff nous accompagneront jusqu’au paiement du dernier centime de tous nos droits.
Monsieur le Président, les responsables, l’ensemble des militants et sympathisants de l’A.T.C.M. et de l’U.N.T.C.M. sont persuadés que votre réaction par rapport à la gestion de leurs dossiers sera positive et diligente, dans la mesure où vous avez toujours tenu promesse, tant au niveau national, qu’à l’échelle mondiale.

Dans l’attente d’un paiement substantiel dans les heures qui suivent, les compressés du MALI et leurs familles vous réitèrent Monsieur le Président, leur sincère confiance pour les échéances futures. Mais… car il y a un mais, ventre vide n’a point d’oreilles.

Cheick Oumar SANGARE

Secrétaire aux revendications. Association des Travailleurs Compressés du Mali (ATCM)

20 décembre 2006.