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Dans beaucoup de pays actuellement, le développement des activités sportives occupe une place tellement importante au sein des politiques gouvernementales qu’on a le sentiment parfois que ce secteur préoccupe plus les autorités que les problèmes sociaux.

De par le monde, chaque gouvernement qui se forme accorde une place de premier choix au département des Sports soit individuellement soit cumulativement avec d’autres matières comme les Loisirs, la Culture ou l’Artisanat qui apparaissent dans ce cas comme les parents pauvres du sport.

Pourtant dans nos sociétés traditionnelles, hier comme aujourd’hui (mais de moins en moins maintenant), le sport mobilisait peu ; on peut même dire que c’était une activité secondaire pratiquée par des marginaux que l’on croyait destinés à un avenir incertain.

Cette situation est pratiquement inversée de nos jours où le sport est devenu un métier noble qui fait mieux vivre que l’agriculture, les activités manuelles et même certains emplois de la fonction publique. En raison de son importance dans la société d’aujourd’hui, les pouvoirs publics, non seulement mobilisent en sa faveur des moyens matériels et financiers colossaux, mais en outre essayent de mettre en place des structures permettant de faciliter son exercice.

De 1960 à ce jour, au Mali, chaque gouvernement nommé comporte un département ministériel chargé des Sports avec des démembrements dans les régions et les cercles. L’Etat malien ayant été jusqu’en 1996 un Etat centralisé très fort, les structures sportives sont allées du centre vers les régions et des régions aux cercles avec des fonctionnaires de l’Etat à chaque niveau.

Ce mode de gestion étatique comporte l’avantage de permettre une mobilisation rapide des sportifs en cas de compétition, mais présente les inconvénients de la bureaucratie avec toutes les lourdeurs que ce type d’organisation génère, sans compter les résultats médiocres inhérents au système.

C’est dire que l’Etat malien, jusqu’à une période récente, a géré seul le sport avec les résultats que l’on sait. Chaque grande discipline sportive fut érigée en fédération conduite par un président (football, basket-ball, boxe, volley-ball, rugby, etc). Mais, vu l’engouement que suscite le football et la passion que cette discipline déchaîne, celui-ci se présente comme le sport le plus populaire, suivi par le basket et les autres.

Dès 1960, trois grands clubs de football que le colonisateur a laissés sur place en s’en allant dominent l’environnement footbalistique national.

Leurs joueurs et leurs dirigeants sont les plus connus de ce pays même si certains n’ont pas fait de bons résultats. Il faut noter d’ailleurs que beaucoup de ces dirigeants, parmi les premiers, furent d’anciens sportifs dont certains eurent des médailles lors des compétitions internationales et beaucoup d’autres des techniciens formés en URSS au temps de ce régime.

Dans les régions et les cercles, les animateurs des structures sportives furent des fonctionnaires de l’Etat percevant un salaire, mais pas obligés d’innover. Si bien que pendant longtemps ce fut la capitale qui se distinguait dans le domaine du sport alors que l’intérieur du pays était dans la léthargie. Le résultat fut que de 1960 à aujourd’hui, très peu de champions sortirent de nos régions et de nos cercles.

Mais dans presque toutes ces fédérations, la gestion financière n’est pas claire par manque de contrôle et dans un tel climat, pour peu que les responsables soient véreux, il leur est loisible de faire ce qu’ils veulent avec les sous de la structure. Il est d’ailleurs arrivé à certains de ne pas s’en priver sans qu’on crie au scandale ou au vol. Même au niveau des clubs, la transparence n’est pas garantie malgré l’existence parfois d’un comité de gestion.

A partir de 1991, le sport commença à se libéraliser et des clubs différents de ceux qui existaient avant virent le jour. La nouveauté, c’est que ceux-ci sont gérés par des acteurs modernes souvent issus des écoles de gestion et de marketing alors qu’ultérieurement c’était la navigation à vue.

De plus en plus, on se sépare des structures officielles nationales pour aller vers les structures privées dans tous les domaines sportifs avec un esprit nouveau, vu que le sport est devenu une source d’enrichissement qui demande d’année en année plus de professionnalisation.

Les méthodes nouvelles de gestion et de marketing sont maintenant appliquées au sport pour plus de résultats et de bénéfice et aux responsables sportifs on demande, en plus de la compétence, de la transparence, de la clairvoyance et du réalisme.

Un poste de direction, même en sport, peut apporter à son titulaire considération et aisance pourvu que sa gestion soit transparente et saine. Mais dès lors qu’il s’écarte de ce chemin et s’oriente vers une gestion en plan incliné vers sa place, commencent alors les mauvais résultats et la déception des supporters et sympathisants.


Facoh Donki Diarra

18 Juillet 2008