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Les responsables de la ligue populaire et socialiste des tribus du grand Sahara sont arrivés, le jeudi dernier, dans notre pays. Après une première prise de contact à Bamako avec le chef de l’Etat et différentes notabilités du nord, ces émissaires se sont rendus à Kidal, au cours du week-end passé, via Gao.

Hier, ces émissaires très expérimentés dans la gestion des conflits, venus d’une trentaine de pays, devraient se rendre dans les montagnes, pour y rencontrer Ibrahim Ag Bahanga.

C’est dans la nuit du lundi 19 au mardi dernier, que la forte délégation de la Ligue des tributs du Sahara, conduite par le Soudanais Hareka Ahmed Hameda, est arrivée à Kidal, par la route.

Au sein de la délégation, l’on note la présence de quatre maliens dont l’ancien ministre Bakary Koniba Traoré, l’ancien ambassadeur, Djibrila Maïga, le député élu à Menaka Bajan Ag Hamatou et le prêcheur Thiam. Des notabilités de Kidal, dont le député Mohamed Ag Inllah, devraient se joindre à la délégation sur place à Kidal.

En plus des nationaux, cette mission de bons offices comprend 29 membres venus de 13 pays d’Afrique, du Moyen Orient et du Golf : Djibouti, Maroc, Mauritanie, Libye, Jordanie, Irak, Egypte, Erythrée, Tanzanie, Tchad, Somalie, Syrie et Oman.

Objectif de la mission : obtenir la cessation des hostilités au Nord du Mali et ramener les parties (l’Etat malien et les bandits armés), à aller vers des négociations dont la finalité est le retour définitif de la paix dans le secteur de Kidal.

Après avoir rencontré, le mardi dernier, les notabilités de Kidal, notamment des chefs de tributs de la région, ainsi que des responsables locaux, les émissaires de la ligue étaient attendus hier mercredi 21 mai, dans les montagnes, où Bahanga et ses hommes se renferment depuis, août 2007.

C’est dans les massifs de l’Adrar que Bahanga a donné rendez-vous aux émissaires de la paix pour cette première rencontre. En effet, en dehors des médiateurs traditionnels dans cette crise, c’est la toute première fois que des chefs coutumiers tentent une médiation « traditionnelle ».

Cette médiation, selon un membre de la délégation, n’est en rien, concurrentielle de celle jusqu’ici appliquée.

Bien au contraire. Toutes les actions en cours n’ont qu’un seul et même objectif : ramener la paix. Toutes les voies pour y parvenir devront être explorées, comme l’on souhaité toujours les autorités maliennes.

Cependant, une évidence est là : la paix au Nord est loin d’arranger les “ affaires“ de certains. Versés qu’ils sont dans le banditisme, le trafic et autres activités prohibitives. Les bandits mettront tout en œuvre pour annihiler les différents efforts pacificateurs en cours.

Pour preuve: les tirs perpétrés, hier, à Abeïbara, contre les positions de l’armée, au même moment que les médiateurs s’apprêtaient à aller à la rencontre de Bahanga.

En vérité, ce n’est pas la première fois que de telles actions de sabotage sont entreprises. Elles interviennent très généralement, après chaque acte posé par les deux parties, vers une sortie de crise.


Exemple :
en début mars, juste après la libération de 22 otages, une attaque a visé une colonne de l’armée qui quittait Tinzawaten pour joindre Kidal. Les militaires blessés, remis à la croix rouge, seront pris en otage, au moment de leur évacuation sur Abeïbara.

Retour à la case départ ! Au début de la crise, les autorités maliennes et les représentants de l’Alliance du 23 mai, étaient parvenus à la signature, le 4 juillet 2006, d’un accord à Alger. Moins d’un an après (août 2007), Ibrahim Bahanga contre toute attente, s’est mis en dehors du processus de paix. Autant de faits troublants qui dépassent largement le cadre de simples coïncidences…

Dernière minute : en raison des tirs contre la localité d’Abeïbara, la délégation de la Ligue des tribus n’a pu faire le déplacement hier vers les montagnes, selon le député de Kidal Mohamed Ag Intallah que nous avons joint par téléphone.

CH. Sylla

22 Mai 2008