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Partants volontaires : Dès chèques sans provision

Les retardataires (ou les absents) ont toujours tort. C’est le cas de le dire à propos de la dernière vague des partants volontaires à la retraite anticipée qui n’ont pas encore reçu leurs sous, faute de liquidités mises à leur disposition à la BDM-SA. C’est la faute au trésor qui doit envoyer les mandats à l’établissement de Daffé.

Le trésor public manquerait-il d’argent à ce point puisque le gouvernement, ne serait-ce que sur le papier, a débloqué la bagatelle de plus d’un milliard CFA pour le paiement d’une première tranche aux partants volontaires. Chose curieuse, en tout cas, certains d’entre eux ont leur chèque en main qu’ils n’arrivent pas à toucher.

Alors qui la BDM va poursuivre pour émission de chèques sans provisions ? Le gouvernement ? Le trésor public ? En tout cas, tout sauf les partants volontaires qui, venus des coins les plus reculés du pays, squattent la bourse du travail. Chassés à plusieurs reprises par Siaka Diakité, le secrétaire général de l’UNTM, ils n’en sortiront que par la force des baïonnettes. D’ailleurs face à la nouvelle donne, le bureau de l’ATVR a arrêté la délivrance des chèques en attendant que la situation se décante.

Vie chère : ATT aux femmes : « an dèsèra, Maliden bè ké ta »

Le gouvernement burkinabé vient d’annoncer des réductions importantes sur les prix des denrées de première nécessité. Entre 50 à 75 F Cfa de moins sur le kilogramme de sucre, 100 F Cfa de moins sur le litre d’huile, 900 à 1000 F Cfa de moins sur le sac de 50 kg de riz. Il s’agit de parvenir à une baisse de 5 à 15 % des prix des produits de première nécessité. Voilà des mesures concrètes qui vont dans le sens du soulagement de la souffrance des Burkinabé. Rien de tel chez nous.

Au contraire, le 8 mars à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la femme, notre président s’est livré à des explications embrouillées sur les causes de la cherté de la vie. Il a tour à tour incriminé, comme à son habitude, la hausse du prix du pétrole, le protectionnisme des pays asiatiques, la faiblesse du dollar etc. Ce faisant, il a prêché devant les banquettes car un peuple affamé n’a point d’oreille.

Il a même jeté l’éponge avant la limite en disant que «quand ça chauffe, chacun est entre les mains de sa propre mère», O, fatalité, quand tu nous tiens ! Il aurait même pu ajouter que «quand la tempête se déclare, chacun porte la main à sa charge».

De quoi désespérer les bonnes ménagères à qui il a tenu un tel discours. Et qui savent que ce ne sont pas les jeux de mots et les formules choc qui font danser l’anse du panier.

Même si la femme, comme le disent certains, est l’avenir de l’homme, elles vont prendre peur en voyant que le premier responsable du pays a abdiqué de toutes ses responsabilités en se déchargeant sur elles. Et si Guimba national dans une de ses célèbres chansons avait raison de dire : «au Mali, on n’en peut plus ; tous les Maliens doivent partir». Où ? En Espagne, en Amérique, au Japon. Et, pourquoi pas, jusqu’au Cap Horn. «An dèsèra, bè bé a babolo».

Le Républicain

12 Mars 2008.