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• Le CNID en danger de paix

La crise qui secoue le parti du soleil couchant ressemble désormais à la quadrature du cercle. De quelque côté qu’on la prenne, on ne sait plus comment en ressortir. Chaque camp ou chaque clan voit le problème sous un prisme différent. En effet, pour Tall and co le verre est à moitié plein alors que pour N’Diaye Bah et camarades, il est à moitié vide. Entre ces deux points de vue diamétralement opposés les militants, égarés, ne savent plus à quel saint se vouer. Qui a raison ? Qui a tort ?
Bien malin qui le dira.

Ici on assiste à une scène tragi-comique où les deux principaux acteurs jouent au fakir tout en jouant à se faire peur. La pièce évolue vers le ridicule lorsque Me Tall suspend N’Diaye Bah et que ce dernier suspend à son tour le président du parti. Elle frise l’absurde lorsque Me Tall demande à son secrétaire général de faire amende honorable avant toute levée de la mesure de suspension et lorsque ce dernier demande la levée de la suspension avant de faire amende honorable. Personne ne veut franchir le Rubicon, même au nom de l’intérêt supérieur du parti. Puisque faire le premier pas équivaut à reconnaître son tort, personne ne veut faire le premier pas pour ne pas aller à Canossa. Chacun s’agrippe à son amour propre et à un orgueil mal placé.

Même à un but partout entre les deux protagonistes, au manque de fair-play s’ajoute le manque de grandeur d’âme. Les querelles de leadership pour le contrôle de l’appareil ont ravivé la guerre des clans. Les tiraillements entre chefs de guerre ont rallumé la guerre des gangs. Chacun veut marquer son territoire comme au temps de Al Capone et de Lucky Luciano. On sait que cela aboutit inéluctablement à des règlements de compte dangereux.

En tout cas, le CNID, à son tour, vient d’être frappé par la maladie congénitale des partis politiques maliens : les querelles de clochers sur fond de luttes fratricides. Et le scénario invariablement aboutit à l’éclatement du parti. De N’Diaye Bah ou de Me Tall qui, le premier, va plier bagage avec ce bicéphalisme qui s’installe avec deux comités directeurs pour un même parti politique ? Au CNID, désormais, le soleil se lève à l’ouest et se couche à l’est.

• Didier Drogba, un mauvais gendre

Au Mali et en Guinée la drogbamania n’est plus qu’un mauvais souvenir. Maliens et Guinéens ont, en effet, bien des raisons d’en vouloir à l’attaquant de Chelsea. Les propos tenus par le joueur ivoirien pour contester l’attribution du ballon d’or africain 2007 à Frédéric Oumar Kanouté et son geste plein de mépris suite au but marqué contre le Sily national n’étaient pas pour plaire aux supporters des deux pays.

Pour les Maliens, en particulier, l’eau avait débordé le vase. Non contents d’avoir humilié le pays de leur belle famille sur le terrain, Drogba et les siens ont en outre eu l’outrecuidance de l’éliminer au premier tour au profit du Nigeria alors qu’une petite complaisance suffisait pour qualifier le Mali.

O rage, ô désespoir, on oublie que charité bien ordonnée commence par soi. Drogba n’est pas malien, c’est un y voit rien. Or, Horace disait : «mourir pour la patrie est un si digne sort, qu’on briguerait en foule une si belle mort».

Le républicain

13 Février 2008.