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Rébellion touarègue : les incohérences d’ATT à Paris

La politique de l’autruche est le propre du président malien Amadou Toumani Touré. Il vient de le prouver une fois de plus lors de sa récente visite à Paris en déclarant aux journalistes français qu’il n’y a pas d’insurrection au nord Mali. On sait qu’ATT n’est pas un adepte de la langue de bois. Bavard comme une pie, il dit crûment ce qui lui passe par la tête sans même prendre la peine de remuer sept fois sa langue dans sa bouche comme nous le recommande le sage Amadou Hampâté Ba. Aussi, commet-il des bourdes à n’en plus finir. Mais le militaire qu’il est s’en fout éperdument de massacrer la langue de Vaugelas.

Il n’y a pas de rébellion au Nord, peut-être, mais en même temps qu’un renforcement du dispositif militaire sur le terrain, il s’apprête à recevoir une importante aide en matériel militaire de la France. Tout ça pour combattre une poignée d’individus dotés d’armes sophistiquées, qui prennent des otages et posent des mines antipersonnel après avoir proclamé la naissance d’une République touarègue ? Comme le disent les Bamanans, c’est tuer le lièvre avec un fusil destiné à abattre un éléphant.

Et puis que signifie ce changement de langage chez les autorités maliennes ? Face à la montée des périls, on est vite passé des bandits armés aux rebelles puis aux terroristes pour qualifier Bahanga et ses hommes. Paniquées les autorités de Bamako ont voulu les vouer à la désapprobation de l’opinion internationale.

Sous le prétexte d’éviter à son pays une «guerre inutile», ATT a déclaré à Paris : «mais si je n’ai rien d’autre du tout à faire (que la guerre), je suis un soldat et je la ferai». Voilà un général qui ne veut pas faire la guerre mais qui entretient une armée budgétivore. Il se bombe la poitrine fort de ses expériences dans la résolution de certains conflits en Afrique et dans le monde. Mais, toutes ces médiations ont été autant d’échecs. Les canons tonnent toujours aux portes de Bangui, Bozizé se cherche, nos voisins Ivoiriens peinent à retrouver le chemin de la paix. Vraiment ATT doit nous parler un autre langage.

Politique ; N’Diaye Ba vers la présidence du CNID ?

C’est ce qu’affirme sans ambages un de nos confrères. Depuis un certain temps en tout cas, les commentaires vont bon train sur les relations tendues qui existeraient entre le président du CNID et son secrétaire général. Faut-il vraiment y croire ? Selon ce confrère, c’est N’Diaye Ba qui a contrecarré la candidature de Me Tall à l’élection présidentielle en amenant son parti à adhérer à l’ADP.

Mieux, les différents festivals qu’il a organisés, souvent à dimension internationale, lui ont servi de tremplin pour damer le pion à Me Tall. Même la candidature de l’avocat au perchoir serait un grossier montage de N’Diaye Ba. Il s’agirait alors de faire monter l’adversaire sur un arbre pour mieux scier la branche sur laquelle il est assis. L’ami N’Diaye Ba est-il capable d’une telle prouesse ? C’est fort douteux. Par contre, il plaît bien à ATT à cause de son dynamisme à la tête du ministère de l’artisanat et du tourisme. Pour cela, le président est même passé outre les choix des ministrables du parti en payant en monnaie de singe un autre de ses fidèles serviteurs.


Peine de mort

Me Kassoum Tapo père des abolitionnistes

Loin de là, ce n’est pas ATT qui est le précurseur de l’abolition de la peine de mort. Il y a quelques années déjà, l’avocat et élu RND à l’Assemblée nationale, Me Kassoum Tapo avait eu l’idée de faire venir au Mali, l’ancien garde des Sceaux français Robert Badinter pour tenir une conférence sur la peine de mort. A l’époque abolitionnistes et non abolitionnistes avaient déjà commencé à croiser le fer notamment du côté des islamistes avec une intervention musclée dans la presse de feu Baladji Cissé, ancien entraîneur national de boxe. Mais le débat cessa faute de débatteurs. Peut-être que Me Kassoum Tapo n’était pas assez puissant pour se faire entendre. Aujourd’hui, c’est un ATT tout puissant qui lui pique son idée. Rendons quand même à César ce qui appartient à César.

Can 2008 Gagner la coupe ?

On ne sait pas si Salif Kéïta, le président de la Femafoot, est un rêveur ou s’il prend ses désirs pour la réalité. Il vient de déclarer dans un journal de la place que les Aigles partent au Ghana pour ramener la coupe d’Afrique des nations. Tous les Maliens aiment entendre ce genre de vœux pieux mais la réalité est toute autre. Non seulement on a été qualifié in extremis mais en plus, le Mali se trouve dans un groupe de la mort comprenant le Nigeria et la Côte d’Ivoire, deux pays phares du football africain. Même le Bénin n’est pas quantité négligeable. En quatre participations combien de fois a-t-on ramené la coupe au Mali surtout que Salif lui-même était à Yaoundé en 1972, année où on avait le plus de chance de gagner. De grâce qu’on ne nous fasse pas prendre des vessies pour des lanternes.

30 octobre 2007.