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Répartition des services publics

Ministères obèses…

C’est le mardi 23 octobre dernier que le Premier ministre Modibo Sidibé a pris le décret portant répartition des services publics entre la Primature et les départements ministériels. En y jetant un coup d’œil, on s’aperçoit que l’Ecole nationale d’Administration est désormais rattachée à la Primature. Mais il y a quatre ministères qui ont des allures de mastodontes. Il s’agit notamment du ministère de la Santé qui dispose de trois services centraux, de cinq services rattachés et d’une vingtaine d’organismes personnalisés. Il y a le ministère de l’Agriculture qui a en charge trois services centraux, d’une vingtaine de services rattachés et d’une dizaine d’organismes personnalisés. Il y a bien entendu le ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Commerce qui s’en sort avec six services centraux, 10 services rattachés, et 10 organismes personnalisés.

…de ministères squelettiques…

Par contre il y a des ministères qui font pitié à voir tellement ils sont maigres. C’est le cas par exemple du ministère de la Promotion de la femme, de l’enfant et de la famille qui s’en tire tout juste avec trois services centraux, quatre services rattachés et d’un seul organisme personnalisé. Ce ministère est à peine mieux loti que celui du Travail, de la Fonction publique et de la Reforme de l’Etat. Me Abdoul Wahab Berthé qui hérite de ce département ne dispose que de quatre services centraux et rien d’autre après. S’il était une personne, on aurait dit de ce ministère qu’elle n’a que la peau sur les os.

…et d’un ministère qui n’a même pas de DAF

Mais c’est certainement le ministère des Relations avec les Institutions et Porte-parole du gouvernement qui est le plus mal loti. Ce ministère ne dispose d’aucun service central ou rattaché ou organisme personnalisé. Le ministère ne dispose même pas de DAF ou de cabinet. Mme Diabaté qui en est le titulaire peut à peine se consoler d’un secrétaire particulier, de son chauffeur et de son attaché. Selon nos informations, son département qui a vu le jour grâce à une césarienne opérée sur le ministère du Travail devra travailler avec la DAF du ministère de Me Wahab Berthé pour ses dépenses. A la fin de l’année, elle serait greffée à la DAF de la Primature. Il faut espérer qu’elle ne nourrisse aucun regret.

Marimantia, se « case » : Il assure la permanence au siège de l’Adéma

Tous ceux qui l’approchent ces derniers jours sont formels : l’homme a définitivement tourné la page du remaniement ministériel et rangé dans les placards son vocabulaire rugueux contre le président ATT qui l’aurait mal récompensé au regard de tous les services qu’il lui aurait rendus. Il s’agit de Marimantia Diarra, anciennement ministre du Plan et de l’Aménagement du territoire qui est sorti du gouvernement et à qui son département n’a hélas pas survécu. Il aurait trouvé de quoi meublé ses journées : assurer la permanence au siège du parti Adéma. Pour ceux qui ne s’en souviennent plus, Marimatia Diarra est le secrétaire général du parti. Il se dit qu’après quelques jours de flottement, il s’est vite ressaisi et a commencé à occuper le siège dès après sa passation.

Ministère des Finances : La déception de Abou Bakar

Le ministre des Finances Abou Bakar Traoré ne serait pas content et il le dit à voix basse. Son mécontentement ne fait pas suite au remaniement qui a vu son département être amputé de tout son secteur Economie. A la limite on lui aurait même rendu service parce qu’avec les Finances, il se trouve en terrain connu. Notre ministre attendait avec fébrilité le décret de répartition des services publics entre les différents ministères. Il espérait qu’il allait hériter d’une direction générale, grosse pourvoyeuse d’argent en plus de toutes les directions qu’il a à sa disposition. Il s’agit de la direction générale des Domaines de l’Etat. Il semble qu’en plus de gérer les terres de l’Etat, cette direction perçoit de grosses ressources de la part des compagnies minières. Avec le décret qui a été rendu public la semaine dernière, le ministre qui lorgne cette direction depuis fort longtemps selon certaines sources a dû en faire définitivement son deuil.

Ministère de la Santé : Les bailleurs attendent la suite du rapport du Vérificateur

La semaine dernière, nous écrivions que les bailleurs de fonds n’étaient pas particulièrement chauds à mettre la main à la poche ; en tout cas pas avant de voir la suite que nos autorités réserveront au rapport du Vérificateur général qui a mis à jour des malversations et des détournements qui portent sur une valeur de 102 milliards. S’il y a un secteur qui risque de sentir le peu d’empressement des bailleurs, c’est bien celui de la Santé. Il semble que plusieurs dizaines de milliards dorment en attendant la suite au fameux rapport. Il faut rappeler que la gestion du Prodess avait été jugée désastreuse à bien des égards par le Vérificateur général. Entre autres curiosités, il avait été décelé que plus de 6 milliards de nos francs avaient été dépensés rien qu’en frais de mission et en frais de réception quand moins de deux milliards étaient destinés à l’achat des médicaments.

Nord Mali : Les Algériens fâchés pas très contents

Certains de nos confrères en avaient fait l’écho : lors de la réunion mixte Mali-Algérie, la partie algérienne a montré plusieurs signes d’agacements notamment par rapport à la situation au Nord de notre pays. Ils auraient ainsi exprimé leur souhait de voir les Américains quitté le Nord. Mais il semble également que le traitement que certains de nos confrères réservent à l’Algérie ait le don de les irriter sérieusement. C’est ainsi que certains auraient pris un ton menaçant pour demander à leurs interlocuteurs maliens s’ils lisaient tout ce que la presse raconte. Silence de mort avant que la réponse ne tombe : « non, nous ne lisons pas la presse ». Selon nos informations les Algériens qui n’étaient pas mécontents de l’effet ont rit sous cape. Il n’est pas sûr que la décision de la France d’appuyer militairement notre pays ne leur fasse pas perdre le sourire.

La situation au Nord : La drôle de guerre

Nombreux sont les Maliens à se demander ce qui se passe réellement dans le Nord de notre pays. Les dernières déclarations du président de la République affirmant qu’il ne ferait la guerre qu’en dernier recours ont semble-t-il ajouté un peu à la confusion. Selon nos informations, Bahanga et ses hommes sont particulièrement actifs sur le terrain et continueraient à se constituer en petits groupes mobiles et furtifs. Bahanga qui serait parvenu à casser l’unité au sein de l’Alliance du 23 Mai effectuerait des visites assez fréquentes en Algérie et à la frontière du Niger. Toujours selon nos informations, la hiérarchie militaire de notre pays, malgré les difficultés du terrain, compliquées par la présence des mines, travaille pour quadriller le terrain. Il semble que les Américains, qui sont au centre de tous les commentaires surtout depuis le largage des vivres sur Tinzawatène où ils avaient essuyé des tirs de Bahanga, se feraient plus discrets et éviteraient de se mettre en avant. Par contre les renseignements qu’ils fournissent à nos troupes seraient de première qualité et seraient fort appréciées par la hiérarchie militaire.

L’exhibitionnisme de Séméga : Cité administrative, route de Naréna, aéroport sénou

Les téléspectateurs ont dû se dire « encore lui ». Il s’agit du ministre de l’Equipement et des Transports, Hamed Diane Séméga, qui effectuait une visite sur le chantier de la Cité administrative. On a pu entendre Séméga, avec la naïveté de ceux qui ne savent si ce n’est le zèle qui caractérise les m’as-tu-vu, déclarer devant les ouvriers qu’il lui faudrait des délais qui seront tenus afin de disposer des bâtiments en bon état. Comme s’il ignorait les problèmes de sous liés à la Cité. Il a eu son délai, on attend la suite.

Le même Séméga avait été signalé du côté du guichet du comptoir de Air France le dimanche soir dernier, c’est-à-dire le jour de l’arrivée du président de la République de France. Certainement par gentillesse il aurait été vu en train de demander à certains passagers s’ils avaient leur nom sur la liste des départs.

Un confrère de la place est formel : Séméga a été aperçu inspectant à pied la route Bamako-Narena. Sûr qu’avec une telle hyperactivité frisant l’exhibitionnisme, il creusera son trou et fera du chemin.

Séméga le « symbolier » : grève des transporteurs

Pendant qu’il faisait l’hyperactif, le feu avait pris son département sous la forme d’une grève qu’il n’a pas vu venir et qu’il n’a pas pu enrayer. Il s’agit de la grève des transporteurs. C’est vrai qu’il a été contraint de monter personnellement au créneau pour désamorcer une grève qui devait se dérouler sur deux jours, le fait est que ses autres collègues le regarderont avec cet air de lui demander comment il a fait pour être le premier ministre à démarrer avec une grève sur les bras.

Un Pdg aux petits soins pour son nouveau ministre

Depuis la mise en place du gouvernement, le jité de l’ORTM est majoritairement constitué par les visites de contact entre les nouveaux ministres et les services relevant de leur département. Tous les soirs, on subit ces ministres qui vont et qui viennent. L’autre soir, on a pu apercevoir le PDG d’une société offrir même des cadeaux à son ministre de tutelle et on l’apercevait lui-même avec ses sachets. On peut parier que le ministre n’oubliera pas le passage chez lui même s’il aurait certainement apprécié que les cadeaux lui soient remis à son bureau.

Lutte contre le SIDA : Le CESPA plagie RFI

Dans sa stratégie de lutte contre le SIDA, le Haut conseil de lutte contre le SIDA avait lancé différentes campagnes de communication dont une portant sur l’affichage. C’est le CESPA qui avait la charge de trouver le bon message pour accrocher les Maliens et les sensibiliser. « Chaque jour qui passe est une vie », tel est le message trouvé par le CESPA. Bon message s’il en est. Comme dirait l’autre, il est clair, concis et court. Mais il y a un hic. C’est que depuis plus de deux ans, cette phrase est utilisée par RFI à la fin des émissions de 13h30. “Prenez soin de vous, chaque jour est une vie” est le leitmotiv de RFI. Comme il serait difficile de croire que les responsables du CESPA n’écoutent pas la « radio mondiale » et qu’il serait tout aussi difficile de crier au plagiat, il faut dire que c’est une sacrée coïncidence.

Ministre à problèmes : L’Union européenne aux trousses de Sow

L’information est longtemps restée sous les manteaux sous la forme de rumeurs. Mais depuis quelques jours, la rumeur a laissé la place à des certitudes ou à tout le moins des faits troublants concernant le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Hamed Sow. Son ancien employeur, en l’occurrence l’Union européenne, fouille dans sa gestion au niveau du CDE et cherche à éclaircir plusieurs zones d’ombre. Les autorités maliennes ont été officiellement informées (Le Premier ministre Ousmane Issoufi Maïga a été sollicité par l’Office européen anti fraude) et régulièrement tenues au courant des soupçons qui pèsent sur Monsieur Sow. Non seulement nos autorités n’ont pas bougé le petit doigt, mais celui qui fait l’objet d’une enquête au niveau de l’Union européenne a été bombardé ministre. Pas sûr que cela puisse améliorer les relations de notre pays avec ceux-là même qui constituent nos principaux partenaires financiers. Dans notre parutin de la semaine, nous reviendrons sur le dossier Hamed Sow et sur le cas de tous les ministres à problèmes qui gravitent autour de la galaxie ATT.


02 novembre 2007.