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Il faut le dire c’est normal ! Le président de la République Amadou Toumani Touré se trouve dans de beaux draps. Le juge Sombé Théra n’a pas hésité à mettre l’impertinent journaliste Seydina Oumar Diarra d’Info-Matin pour avoir rédigé un article sur un sujet de littérature proposé par un enseignant qui a voulu attirer l’attention de ses élèves sur les déviances actuelles de notre société. Non content d’être dénoncé, le même juge a envoyé 4 directeurs de publication sous les verrous pour « complicité d’offense au chef de l’Etat ».

Outre Atlantique, les beaux draps sont en soie. Sous nos latitudes les beaux draps sont en « kosso ». Mais le « kosso » ne doit pas dépasser plus de 7 lés. Il faut le dire c’est normal, le « kosso » en l’occurrence a largement dépassé les 7 lés dans cette affaire désormais dite de « La maîtresse du président de la République ! » avec l’arrestation d’Alexis Kalambry (Les Echos), Sambi Touré (Info-Matin), Birama Fall (Le Républicain) et Mahamane H. Cissé (Le Scorpion).

Il faut le dire c’est normal ! le « kosso » a largement dépassé les 7 lés car jamais dans notre pays, une telle hargne contre la presse n’a été vue. Il faut le dire c’est normal ! Et j’ose le croire, ce n’est pas la décision ni la volonté d’ATT. Le juge Théra a peut être cru bon de rendre justice en foulant au pied royalement un principe sacré de notre démocratie : la liberté de la presse. Mal lui en a pris, il s’est pris les pieds dans le tapis, pardon dans les beaux draps de la République, son autorité mise à mal.

Il faut le dire, c’est normal ! Le procureur Théra sans le vouloir a mis le président de la République dans de beaux draps en voulant faire taire une sombre banale affaire de sujet de composition. Par son acte, le juge Théra, vient de salir le nom de notre pays, le Mali salué dans le monde entier pour sa grande liberté de la presse.

Il faut le dire, c’est normal ! Le journalisme au Mali n’est pas exempt de reproches. Le professionnalisme, cela n’est pas inné. Il s’apprend au fil des épreuves. Mais en s’érigeant donneur de leçon de journalisme, le juge a révélé qu’il ne maîtrise pas lui-même les arcanes de la loi malienne sur la presse.

Il a foutu la République dans de beaux draps. Il a souillé notre nom, notre honneur. ATT peut-il en être fier ? Aux marcheurs de 1991, il montrait la route de Gao. Aux impénitents coureurs, il montre quoi ? La route de Suède, de Brasilia, des Philippines ou les incommensurables jambes du personnage du texte du Pr. Minta ?

Il faut le dire, c’est normal ! Toute la presse malienne doit se liguer sur ce chemin dangereux, puisque lui-même n’a pas levé le petit doigt.

Oussouf Diagola
(Paris)

28 juin 2007.