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Incroyable mais vrai : des bandits armés ont frappé, dans la nuit du lundi au mardi 6 mai à Diabali, en plein cœur de la zone Office du Niger, dans la région de Ségou. En effet, ils ont attaqué le camp militaire de cette localité, faisant un mort dans les rangs de l’armée malienne. Celui qui a été tué est un Touareg intégré, loyaliste bon teint, originaire d’Ansongo.

Selon nos sources, cette attaque a été conduite par les commandants Harouna Saguid, Béchir Intoufoudou et le capitaine Alhader Faki, tous de la prétendue «Alliance du 23 mai pour le changement». Signataire de l’Accord d’Alger du 4 juillet 2006, l’Alliance a repris le maquis depuis la mort du commandant Ag Boulkher et de son compagnon civil, le mois dernier, aux environs de Kidal.

Dans la même nuit, et à une heure d’intervalle, Aguel hoc, située dans le Cercle de Tessalit, a également reçu la visite des bandits armés qui ont tiré, semble-t-il, à partir des toits de certaines concessions. L’armée a riposté et les a chassés de la ville. Le bilan ne fait état d’aucun mort.

Cependant, des sources indiquent que le domicile du maire a été brûlé par les militaires. D’autres laissent entendre que c’est une cartouche qui est tombée sur sa maison, au cours des échanges de tirs en rafale et que ce sont plutôt les militaires qui ont aidé les occupants de la maison à éteindre le feu.

Cette attaque a été attribuée à la bande de Marzouk Ag Achérif qui serait soutenue par le maire de Tessalit, Abdallah Ag Albaka.

Aux dernières nouvelles, il semble que le colonel Elhadj Gamou, chef du poste de commandement opérationnel, réclame à la hiérarchie des hélicoptères pour maîtriser la situation.

L’attaque de Diabaly, à près d’un millier de kilomètres de la région de Kidal, zone traditionnelle d’évolution des bandits armés, laisse dubitatif. Il paraît hautement improbable, en effet, que des hommes de Bahanga aient pu se déplacer de si loin pour venir attaquer un camp militaire sans avoir été aperçus, encore moins inquiétés. L’hypothèse la plus vraisemblable est que les assaillants, dont on dit qu’ils se déplaçaient à bord de quatre véhicules 4X4, ont pris le départ d’une localité voisine et ont bénéficié de solides complicités à l’intérieur du camp de Diabaly.

Détail intéressant, le chef de ce camp est lui-même un Touareg intégré qui, dès les premiers crépitements de mitraillette, aurait pris la clé des champs. On assure toutefois que son adjoint, qui a organisé la riposte, serait lui-même Touareg.

Ce développement inattendu tend à créditer la thèse selon laquelle Bahanga ne serait plus l’unique meneur de jeu, mais qu’il y aurait de petits groupes d’activistes qui s’agiteraient sur plusieurs fronts pour donner l’impréssions qu’on a affaire non pas à un banditisme vulgaire, mais une véritable rébellion pensée, structurée et poursuivant des objectifs clairs.

Ce qui est effrayant dans cette affaire, c’est que des sources ont indiqué que le camp attaqué à Diabaly ne possédait pas un seul véhicule en état de fonctionner pour pourchasser les bandits.

Pire, la question que l’on est désormais en droit de se poser est celle-ci : si les bandits armés, qu’ils soient venus de la lointaine région de Kidal ou d’ailleurs, ont pu frapper Diabali, à quelques centaines de kilomètres de Bamako, qu’est-ce qui les empêcherait de frapper, quand ils le voudront, la capitale elle-même ?


Chahana TAKIOU

07 Mai 200