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abattoir.jpgHier mardi, les bamakois ont été durant une bonne partie de la journée, privés de viande à la suite d’un « malentendu » entre bouchers et responsables des abattoirs de la capitale.

En effet, il n’y a pas eu d’abattage d’animaux ni à l’abattoir frigorifique de Bamako ni à celui de Sabalibougou.

Aux marchés de Dibida, Torokorobougou, Sabalibougou, et « Sans fil », les étals des bouchers n’étaient pas approvisionnés en viande de boeuf. Cependant, quelques rares bouchers proposaient de la viande de petits ruminants qu’ils vendaient à 1600 Fcfa le kg.

Pourtant, assure le secrétaire général du syndicat des bouchers du district Amadou Fomba, la décision du gouvernement octroyant une subvention à la filière viande-bétail en vue de faciliter la fluidité du circuit de commercialisation et stabiliser les biens, a été bien accueillie par les professionnels du secteur.

Mais, depuis l’entrée en vigueur de la mesure, le problème, selon Mr Fomba, reste l’insuffisance de boeufs abattus. En effet, certains bouchers notamment ceux qui n’avaient pas de numéros d’identification dans les abattoirs de la capitale n’étaient pas fournis.

« Nous avons expliqué aux bouchers qui étaient dans cette situation que la mesure du gouvernement était à son début et qu’au fur et à mesure, les choses vont s’améliorer avec l’augmentation du nombre de boeufs abattus. Mais notre appel fut vain« , a-t-il déploré.

C’est ainsi que mécontents de leur situation, certains bouchers, aux environs de 22 heures, auraient pris d’assaut les deux abattoirs, jeté des pierres et lancé des propos malsains à l’endroit des responsables de leur syndicat et des responsables des abattoirs. Et cette situation qui a duré jusqu’au petit matin, a bien sûr empêché tout travail dans les deux abattoirs, a expliqué Mr Fomba.

Responsables de l’abattoir frigorifique ont dû faire appel aux forces de l’ordre qui ont investi les locaux tôt le matin.

De même, les négociations entre le syndicat des bouchers et les responsables de l’abattoir ont permis de débuter l’abattage dans les deux abattoirs.

Pour le directeur des productions et industries animales, Yaya Konaté, cette situation n’est point une nouveauté dans le District. En effet, selon Mr Konaté, chaque année le même problème apparaît à la même période, car avec la période de soudure, l’offre du bétail baisse, entraînant du coup un faible nombre de boeufs abattus par jour.

D’après le directeur des productions et industries animales, en temps normal, le nombre de boeufs abattus à Bamako est de 600 têtes par jour contre 400 présentement.

Pour Mr Konaté, les troubles de lundi soir dans les abattoirs de Bamako sont dus à l’arrivée d’anciens bouchers, qui, à l’annonce de la mesure gouvernementale, sont revenus dans le métier.

Au terme de la rencontre entre responsables de l’abattoir frigorifique et syndicat des bouchers, les deux parties ont décidé de continuer l’abattage dans les deux aires de Bamako.

Responsables des abattoirs ont décidé d’effectuer des achats de boeufs sur les marchés de Niamana et du « garbal » situé au quartier « Sans fil ». Aussi, ont-ils demandé aux éleveurs de continuer à approvisionner correctement les marchés.

Concernant l’insuffisance de viande boeufs abattu pour tous les bouchers, demande a été faite par les responsables des abattoirs au syndicat des bouchers, de s’investir auprès de leurs militants pour leur faire comprendre la situation.

Par finir, assurance a été donnée par le directeur des productions et industries animales que tous les bouchers seront pris en compte par les abattoirs même ceux qui n’ont pas de numéro. Mais, cela doit se faire dans un esprit de compréhension mutuelle, a-t-il souhaité.

04 juillet 2007.