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Les assurances du gouvernement sur une amélioration de l’état du président Abdelaziz Bouteflika, hospitalisé en France, n’ont pas convaincu en Algérie où des analystes estiment difficile de garder longtemps le secret sur la santé des dirigeants à l’ère des réseaux sociaux. Le Premier ministre algérien Abdelmalek Sellal a dénoncé lundi les « fausses » informations de presse sur l’état de santé de M. Bouteflika affirmant que son pronostic vital n’avait « jamais » été engagé et qu’il était en convalescence. « Le secret entourant les maladies des chefs d’État n’est pas propre à l’Algérie », explique le directeur de l’Ecole supérieure de journalisme d’Alger, Brahim Brahimi, donnant l’exemple de l’ancien président français, François Mitterrand…(…) « Il aurait été préférable de donner un bulletin de santé hebdomadaire », a dit M. Brahimi. Le commentateur vedette du Quotidien d’Oran, Kamel Daoud, considère qu’« on ne gère plus la santé d’un président de la République comme en décembre 78 », en allusion à la maladie qui avait emporté l’ancien président Houari Boumediène. Plusieurs journaux algériens ont jugé mardi que l’absence de communication sur l’état de santé de M. Bouteflika ouvrait la voix aux rumeurs. « Toute cette affaire tourne autour de la succession. Il n’y pas de communication. Les clans du pouvoir gèrent un vide né de la maladie du chef de l’État. Si sa maladie n’est pas aussi grave qu’ils le prétendent, ils n’ont qu’à le montrer à la télévision », nous a indiqué un politologue sous couvert d »anonymat. AFP.