Partager

Le lancement du PDES va certainement mettre fin au jeu de cache-cache longtemps entretenu par le Mouvement citoyen et les autres formations politiques et mouvements de soutien au chef de l’État Amadou Toumani Touré. A n’en pas douter, plus rien ne sera comme avant. Et malgré la grande mobilisation du samedi dernier, ses leaders ne se font pourtant pas d’illusions sur la difficulté de leur tâche. Et le président du bureau provisoire du nouveau parti, Hamed Diané Séméga, est le premier à appeler ses camarades au travail pour transformer l’essai du week-end dernier en une force politique qui compte en 2012.

Les relations de camaraderie entre le MC et les grands partis politiques vont certainement se transformer en scènes de jalousie et de rivalité. Les derniers estimant d’ores et déjà que 2012 se jouera sur quelques détails. Des détails qui se rapporteront à la position du champion de 1992, 2002 et 2007. Autant Hamed Diané Séméga et ses troupes vont travailler à convaincre l’opinion nationale et internationale de l’adhésion du chef de l’État, ATT, à leur cause, autant les autres partis vont chercher à mettre la pression sur ce dernier pour qu’il reste neutre et équidistant vis-à-vis de l’ensemble des positions qui ont contribué à le faire réélire en 2007.

Cette guerre risque de tourner à la défaveur des partis politiques membres de l’ADP qui, jusqu’aux derniers instants, auront encore besoin de la bénédiction d’ATT qui restera président de la République jusqu’au soir du 8 juin 2012.

De nouvelles réalités à affronter

Avec ses 7 ministres, le PDES devient donc le parti le mieux représenté dans le gouvernement. Le grossissement de ses rangs par des militants d’autres formations politiques sont, entre autres, des signes encourageants. Cependant, la gestion de toutes ses troupes devient une équation difficile pour Hamed Diané Séméga et ses hommes qui semblent néanmoins avoir marqué un bon point en réussissant à mettre sur orbite le chef des transfuges lors de la cérémonie de lancement du PDES, le week-end dernier.

Le poste de 2e vice-président, attribué à l’ancien secrétaire général du Cnid-Fyt, N’diaye Bah, en est l’illustration parfaite. Le fait d’avoir placé son fauteuil à proximité de celui réservé au président du Cnid, Me Mountaga Tall, dans la salle semble avoir donné la chair de poule à ceux qui ont fait défection du parti du Soleil levant. Les honneurs faits à N’diaye Bah lors du lancement du PDES, en présence de Me Tall, sont de nature à inciter d’autres cadres mal logés dans leurs partis à rejoindre les amis d’ATT.

Mais cela n’est pas une fin en soi, quand on sait que la gestion de ces flux est une autre paire de manches. La consolation des mécontents en est une autre. Comme pour dire que si la mobilisation est gagnée, la gestion des masses reste une équation à plusieurs inconnues.

Les premiers défis déjà là

Plusieurs leçons peuvent être tirées de la naissance du PDES, de sa composition et de ses ambitions. Avec 7 ministres, il devient le parti le mieux représenté dans le gouvernement. L’arrivée de 17 députés et de nombreux élus communaux est un facteur qui plaide également en faveur du PDES. Si la naissance du parti tient toutes ses promesses, de sérieux chamboulements se profilent alors à l’horizon.

D’ores et déjà, s’offrent au PDES des occasions qui devront lui permettre de mesurer ses forces et de mieux se positionner pour les échéances futures. Il s’agira pour le PDES de s’investir pour que la fête du cinquantenaire suscite encore plus d’engouement chez les Maliens. Comme il est de son devoir de faire en sorte que le référendum annoncé par le chef de l’État pour réaliser de reformes institutionnelles efficaces soit une belle fête démocratique.

A l’image de Jeamille Bittar, Bakary Togola, Hamane Niang, Sadou Diallo, Ousmane Simaga, Oumou Sall, Oumar Bathily Hamadaoun Sylla et biens d’autres dont la capacité de mobilisation ne fait l’ombre d’aucune ambiguïté, il est fort à parier que le succès peut être à portée de main.

Très averti, le président du PDES, Hamed Diané Séméga n’a pas manqué d’inviter ses camarades au travail pour l’atteinte des idéaux de leur toute nouvelle formation politique. Même s’il a foi aux hommes et aux femmes qui composent leur parti, il est conscient que l’euphorie est aujourd’hui leur principal ennemi après la grande démonstration de force de samedi dernier. « Nous sommes convaincus que notre tâche est ardue, mais avec les hommes et les femmes qui composent notre parti, nous relèverons le défi » reconnaît-il.

Abdoul Karim Maïga et M. D.

L’Indicateur du Renouveau du 21 Juillet 2010.