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Les populations du Sahel subissent les contraintes d’un environnement particulièrement difficile, à cause de l’irrégularité des pluies. Dans cette zone, le peu d’abondance de la pluviométrie s’accouple à une démographie galopante avec son corollaire de dégradation des ressources naturelles.

La diminution de la pluie

La concentration des pluies sur quelques mois de l’année ne permettant la réalisation que d’une saison agricole, la désertification, les aléas pluviométriques se traduisant périodiquement par des sécheresses sévères sont autant de facteurs qui concourent à la fragilité économique des pays et freinent leur développement.

Au lendemain de la grande sécheresse des années soixante dix, les pays sahéliens ont décidé de fédérer leurs moyens pour une meilleure prise en considération de ces contraintes écologiques.

Le Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le sahel (CILSS) a ainsi été créé en 1973, avec le mandat de s’investir dans la recherche de la sécurité alimentaire et la rationalisation de la gestion des ressources naturelles. Cette organisation internationale regroupe 9 pays : le Burkina Faso, le Cap-Vert, la Gambie, la Guinée-Bissau, le Mali, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal et le Tchad.


La démographie

La dimension démographique fait partie intégrante des préoccupations du CILSS. Les conditions écologiques pèsent sur les structures démographiques : les contraintes écologiques freinent le progrès agricole, concourent à la fragilité économique et jouent sur le niveau de la mortalité ; elles contribuent par là même au maintien de la forte fécondité, pour assurer le renouvellement de la main d’oeuvre familiale, assurer le remplacement des enfants décédés et la prise en charge des plus âgés. Réciproquement, l’accroissement de la population génère une pression sur les ressources et contribue à la dégradation de l’environnement.

La malnutrition

Dans les pays du Sahel, l’insécurité alimentaire contribue à peser lourdement sur la santé des enfants et leurs conditions de survie. L’insuffisance pondérale, un indicateur de malnutrition aigue, concerne près d’un tiers des enfants âgés de moins de 5 ans dans les pays du CILSS.

Les pays enclavés enregistrent la situation la plus dramatique, deux d’entre eux (Niger, Burkina Faso) présentant une prévalence de l’insuffisante pondérale d’au moins 40%. La situation est un peu meilleure dans les pays du sahel maritime, peut-être en raison de l’accessibilité aux produits de la mer, mais même dans ces contextes plus favorables plus d’un enfant sur sept souffre d’une insuffisance pondérale.

Mamoutou DIALLO

03 Avril 2009