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Les Aigles du Mali ont réussi samedi l’essentiel. Mais leur prestation n’était pas exempte de reproche.


Le Mali, constellé de vedettes internationales, a in extrémis réussi sa dernière sortie samedi soir sur la pelouse du stade du 26-Mars, en obtenant l’essentiel, c’est-à-dire la qualification au dernier tour qualificatif pour la Can et le Mondial-2010. C’était l’objectif n°1, même si le public sportif aurait aimé voir les Aigles voler beaucoup plus haut et le gratifier d’un spectacle beaucoup plus édifiant de leurs talents.

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Certes, samedi leur domination pour la plupart du temps a été sans ambages, mais l’ensemble a péché par un manque manifeste d’efficacité à l’approche des buts adverses. Les deux buts réussis ont été plutôt la conséquence de deux fautes défensives.

L’entraîneur tchadien, Natoltiga Okala, et son DTN et ancien joueur de Nantes (L1 française), Japhet N’Doram, ont pris en effet le risque cette fois de présenter une équipe expérimentale, avec l’incorporation de nouveaux éléments qui n’ont pas joué au match aller à N’Djamena.

On a dû attendre la 44e pour que la domination constante des camarades de Djilla soit concrétisée par un but réussi par Sidi Yaya Kéita sur un coup franc au cordeau de Soumaïla Coulibaly.

Mais il est certain que quelque chose ne tourne pas rond au sein du dispositif collectif malien et plus particulièrement au niveau de l’attaque. Samedi, l’entraîneur Stephen Keshi a même pris le risque de placer Ténéman Ndiaye sur le flanc droit, tout comme Frédéric Oumar Kanouté avec Seydou Kéita comme soutien dans le but de créer le surnombre et d’ouvrir la brèche au sein d’une défense pas trop sûre d’ailleurs pour un choc d’une telle envergure.

Frédéric Oumar Kanouté, Ténéman, Seydou et même Soumaïla Coulibaly ont certes réussi à exercer une menace constante sur leurs vis-à-vis, mais ils ont manqué de lucidité et de mordant pour convertir en buts les multiples occasions qui leur ont été offertes par un milieu brûleur, à l’image du sociétaire de la Juventus, Mohamed Lamine Sissoko, à la fois remuant et clairvoyant. Que dire des services sur les remontées de Drissa Diakité et d’Adama Tamboura !

Le même scénario s’est répété en seconde mi-temps avec cette indigence criarde au plan offensif. Il a fallu encore une fois un mauvais renvoi du gardien tchadien pour que le sociétaire de Lens, Sidi Yaya Kéita, réussisse à doubler la marque à la 80e. Puis, plus rien.

Pis encore, l’adversaire, qui n’a eu qu’une brève réaction à la 65e de jeu, a réussi à percer la défense malienne et à réduire le score. Ce fut là un autre signe de la fragilité de la ligne arrière qui pourrait affronter au dernier tour des avants-centres d’un autre calibre comme Eto’o, Drogba, Feindouno ou encore Adebayor. Des zones d’ombre, le onze malien n’en manque pas. A moins que Frédéric Oumar Kanouté, Ténéman Ndiaye et Seydou Kéita ne se rachètent au dernier tour.

Certes, ils s’étaient bien repris lors des quatre premières journées, mais leur tenue face au Congo le 7 septembre dernier à Brazza ou samedi contre le Tchad n’a guère été rassurante pour leurs « fans », venus peu nombreux pour les soutenir.

A l’issue du match, l’entraîneur des Aigles, Stephen Keshi n’avait pas visiblement bonne mine. En dépit de la qualification, il a souligné les difficultés rencontrées par les siens à assurer l’essentiel. Il a tenu toutefois à préciser qu’au dernier tour, la motivation serait beaucoup plus grande.

« Ce sera un tour d’un autre calibre. Nous savons bien que pour se qualifier, il faut être les meilleurs. Nous tâcherons d’être aussi bien maintenant qu’après » . Et d’ajouter : « Je suis venu au Mali avec la ferme intention de rééditer le coup réussi en 2006 avec le Togo ».

Le Mali affiche déjà ses ambitions. Encore faut-t-il qu’il saute le verrou du dernier tour.

Boubacar Diakité Sarr

14 Octobre 2008