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De fait, le président Touré a reçu une belle brochette d’hommes d’affaires, au besoin en réaménageant son programme.

Ainsi, après s’être rendu lundi au Village olympique pour encourager nos athlètes, le président de la République devait également visiter le Temple du ciel. Mais les demandes d’audience des opérateurs économiques chinois étaient si nombreuses, qu’il a du annuler cette visite et d’autres.

Ainsi au cours des deux derniers jours de son séjour pékinois, Amadou Toumani Touré a reçu plus d’une dizaine de personnalités, en majorité des hommes d’affaires et chefs d’entreprise désireux de venir investir dans notre pays.

Le marché malien intéresse les Chinois pour diverses raisons :

la stabilité politique et sociale du pays, les bonnes relations qui existent entre le Mali et la Chine, et bien sûr, de belles opportunités d’affaires. C’est ce qu’ont souligné tous ses interlocuteurs au chef de l’État. Tous ont également avoué avoir été très sensibles à sa présence à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques.

« Nous avons un sentiment particulier pour le Mali que je considère personnellement comme ma deuxième patrie après la Chine. J’ai passé neuf ans et demi au Mali, je n’oublierai jamais votre pays parce que j’ai eu de bons souvenirs là-bas.

Je sais que le Mali est un pays d’avenir et c’est pour cette raison que j’ai demandé à mon amie d’investir dans votre pays« , expliquera l’ancien ambassadeur de Chine au Mali, Li Liu, venu chez le président de la République en compagnie de l’amie en question, une femme d’affaires. « Je n’ai pas eu de problème pour la convaincre d’investir au Mali et je suis certain que ça marchera« , a ajouté l’ancien diplomate qui, à son arrivée dans la salle d’audience, s’est adressé au chef de l’État en langue nationale bambara.

Diversification les activités « La situation politique et économique est favorable au Mali et ça c’est très important pour nous », confirmera le représentant de la société Huawei, une société de télécommunications considérée comme le fournisseur numéro un d’équipements en Asie et qui figure parmi les quatre plus grands groupes du monde dans le secteur. La société est d’ailleurs déjà présente chez nous. Tout comme ZTE, une autre société de télécommunication.

Présente au Mali depuis huit ans, celle-ci a développé un partenariat avec la Sotelma. ZTE veut renforcer cette présence en diversifiant ses activités par de nouveaux projets qui s’articulent autour de l’énergie et des mines.

« Nous sommes venus remercier le Président pour sa participation à la cérémonie d’ouverture des J.O. et en même temps discuter avec lui de la faisabilité de nos futurs projets. Il a dit que nous serons toujours les bienvenus au Mali et je puis dire que nous sommes très satisfaits de la rencontre », a rapporté le vice-président de ZTE, Zou Ying.

China Hande Investissement, aussi, possède une représentation dans notre pays. James S. I. Leong, le patron du groupe qui est aussi le consul honoraire du Mali à Guangzhou, la grande métropole du sud, est venu discuter avec le chef de l’État de nouveaux projets que son groupe souhaite initier au Mali. « Jusque-là nos activités sont axées sur la culture et le transport du coton.

Notre souhait est de diversifier les activités du groupe conformément à la vision du président Touré qui nous a suggéré certains secteurs prioritaires comme le développement de l’agriculture, la production de ciment et les infrastructures de base », précisera l’homme d’affaires.

Avant ces audiences, le président de la République avait reçu à son hôtel les représentants du Fonds sino-africain désireux d’aider les entreprises chinoises à s’installer au Mali, le PDG de la société Sino-Hydro, Fan Jixiang, son homologue de CGGC, Yu Shihuala, et le patron de CLETC, Zhao Haijian. Avec ce dernier, il a surtout été question du nouveau projet sucrier appelé Sukala II dont le financement est déjà acquis.

La nouvelle usine verra le jour dans deux ans et demi et sa capacité de production pourra atteindre les 500 000 tonnes par an, a révélé Zhao Haijian qui viendra très prochainement au Mali pour régler les derniers détails du dossier.

En famille :

Comme cela est de tradition, le président Touré malgré un agenda très chargé, s’est ménagé un temps pour nos compatriotes. Il a ainsi reçu en audience le président des Maliens de Chine, Dioncounda Diawara, et les représentants des étudiants maliens. Ces rencontres se sont déroulées dans un cadre familial et dans la pure tradition malienne.

Environ un millier de Maliens vivent en Chine, principalement à Guangzhou situé à 2800 km de Pékin et qui compte presque le même nombre d’habitants que notre pays : 12,5 millions d’habitants. Également située à 2800 km de la capitale, Iwy (4,5 millions d’habitants) est la deuxième ville où l’on peut croiser un grand nombre de Maliens : 120 ressortissants auxquels il faut ajouter les étudiants. Le commerce demeure la principale activité menée par nos compatriotes qui disposent de quelques entrepôts à Guangzhou. Ils importent aussi des produits du Mali.

Avec le chef de l’État, le président des Maliens de Chine, Dioncounda Diawara a notamment évoqué l’ouverture d’un consulat du Mali à Guangzhou et les problèmes de visas auxquels les opérateurs économiques maliens sont souvent confrontés. « Nous avons parlé comme en famille et tous les sujets concernant les Maliens de Chine ont été abordés. Je suis venu transmettre au chef de l’État les salutations de l’ensemble des Maliens de Chine.

En même temps, nous avons parlé de l’ouverture d’un consulat à Guangzhou où se trouve le plus grand nombre de nos compatriotes, mais qui est trop loin de Pékin », précisera celui que tous nos compatriotes appellent ici « le Président ». Le chef de l’État a chargé l’ambassadeur du Mali en Chine, NTji Laïco Traoré, de préparer, sur ses questions, un dossier qui sera soumis à l’appréciation du gouvernement.

Envoyé spécial

S. B. Tounkara

15 Août 2008