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Le parti de l’Abeille a évité le pire. Malgré les désirs des uns et des autres, le bureau a été concocté, en épargnant à la Ruche, une nouvelle cassure. Ce bureau est composé de 78 membres. Dioncounda Traoré retrouve son fauteuil de président du parti.

Concernant les vice-présidences, Iba N’Diaye, Sékou Diakité, Tiémoko Sangaré, Oumarou Ag Ibrahim, Soumeylou Boubèye Maïga, Mme Konté Fatoumata Doumbia occupent les postes dans l’ordre précité. Il faut noter l’entrée dans le comité exécutif de l’Adéma-Pasj de nouveaux militants : Abdoulaye Garba Tapo, 8e vice-président ; Me Kassoum Tapo, secrétaire chargé des affaires juridiques et judiciaires ; Me Drissa Traoré, secrétaire adjoint chargé des affaires juridiques et judiciaires et Mme Fatoumata Guindo, secrétaire à l’emploi et à la promotion des jeunes.

L’Adéma, nous ont assuré certains militants, a tenu à élargir le nombre des membres du comité exécutif, compte tenu des nouvelles adhésions. Pourtant, cela n’explique pas, exclusivement, le nombre pléthorique de membres du C.E., puisque l’ancien bureau comprenait 53 membres.

Toujours est-il que les militants du Parti africain pour la solidarité et la justice ont pris la mesure des dissensions qui risquent de conduire le parti à une nouvelle fracture. Le président d’honneur, Abdoulaye Frédéric Traoré, avait tiré la sonnette d’alarme en disant qu’il était temps que le parti se penche sur son avenir, sur sa gestion et non sur les conflits d’intérêts. Dans son discours d’ouverture, le président du parti, Dioncounda Traoré, a fait prévaloir le même son de cloche.

En fait, la bataille des postes a bel et bien eu lieu, mais les différents protagonistes ont mesuré leur force pendant la confrontation et ont donc choisi la meilleure alternative. Il faut le dire, ni Iba N’Diaye, ni Oumarou Ag Ibrahim n’ont fait le poids face à Dioncounda.

Très vite, samedi dernier, à la suite d’une réunion du C.E. au siège du parti, à Bamako-Coura, Iba N’Diaye et Oumarou Ag Ibrahim nous ont annoncé qu’ils ne brigueraient pas la présidence. D’ailleurs, nous ont-ils précisé : ‘’ nous ne visions pas ce poste ‘’. Par contre, pour la 1ère vice-présidence, la bataille fut acharnée. Samedi dernier, à Bamako-Coura, Ibrahima N’Diaye nous avait annoncé qu’il convoitait la 1ère vice-présidence.

De toute façon, Soumeylou Boubèye Maïga avait pris la mesure des enjeux de ce congrès et ne s’est donc pas jeté tête baissée dans le combat pour retrouver son ancien poste. Il avait été exclu et réintégré. Il ne ‘’ crache ‘’ pas non plus sur son nouveau poste de 5ème vice-président.

Certains militants n’ont d’ailleurs pas hésité à rappeler ces évènements. Tout laisse croire que ce 4ème congrès ordinaire du Parti africain pour la solidarité et la justice s’est faite sous le signe de la mesure, malgré les ‘’appétits ‘’ des uns et des autres à jouer les premiers rôles.

L’Adéma connaît son talon d’Achille dont la sensibilité croît à la veille des instances et a, de ce fait, tout fait pour le préserver des flèches empoisonnées. Il y a certes eu des luttes internes mais, elles se sont faites pour chacun, en prévision des points de chute qui ont permis d’éviter les drames, les humiliations et les implosions.

Malgré tout, il y a toujours, selon nos sources, des insatisfaits qui pensent qu’ils mériteraient mieux que le poste qui leur est attribué. C’est aussi cela l’Adéma-Pasj, un parti dont la pléthore de cadres leur fait dire que nul n’est indispensable et que tous les postes peuvent être convoités.

Baba Dembélé

28 Octobre 2008