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Trois discours ont marqué l’ouverture des travaux de cette réunion préparatoire. Il s’agit, tout d’abord, du discours de bienvenue du représentant du Gouverneur de Ségou, Kassoum Koné, qui après avoir souhaité un bon séjour dans la cité des Balanzans aux uns et aux autres, s’est félicité du choix de Ségou pour abriter cette 4ème édition des journées paysannes du Mali.

Il a souligné que le contexte dans lequel se situe l’édition 2006 des journées paysannes interpelle tous les acteurs du secteur à s’investir pour mieux organiser le système agricole malien. Il sera question d’échanger et de se concerter autour de la problématique relative à l’obtention de la bonne semence, condition première qu’il faut réunir pour produire en quantité et en qualité. Si les potentialités agricoles de la 4ème région sont exploitées comme il le faut, les Maliens n’auront plus faim, de poursuivre M. Kassoum Koné.

Quant au président de l’APCAM, Bakari Togola, il a, pour sa part, dit que les présentes journées paysannes de Ségou se tiennent dans la droite ligne des semaines tenues dans toutes les capitales régionales sur le thème « Résultats de la Recherche Agricole ».

Dans cette optique, des commissions de suivi seront très prochainement mises sur pied pour mieux accompagner le secteur de façon plus efficace dans son développement.
Sachant que notre système agricole est confronté à de multiples problèmes liés surtout au manque de matériels adéquats de production – même si de sérieux efforts ont été consentis par l’Etat depuis la 3ème édition de Kita – il nous appartient tout de même d’écrire la page de l’agriculture mécanisée. Jusque-là au Mali, les producteurs ont beaucoup d’étapes à franchir pour atteindre de meilleures productions.

Le président de l’APCAM a confié qu’au Mali, il existe deux sortes de poudre, la poudre à canon et celle du to. La poudre à canon, dira Bakari Togola, est détenue par le Président de la République et celle du to, par les paysans, producteurs de maïs, mil, sorgho, manioc, igname etc.

Prenant la parole à son tour, le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Fousseni Mariko, a, de son côté, révélé que le Mali est un pays à vocation agricole, avec un potentiel estimé à plus de 2 millions d’hectares de terres irrigables.

L’agriculture, l’élevage, la pêche et l’exploitation forestière occupent près de 80 % de la population. Fousseni Mariko de poursuivre en ajoutant que le taux moyen de croissance du secteur rural de notre pays se chiffre à ce jour, à 3,6 % par an et sa contribution au PIB est d’environ 45 %.

Quant à la part du secteur rural dans les recettes d’exportation à partir du coton, du riz et du bétail, elle est supérieure à 75 %.

Fort de ce constat, le Président de la République, dans sa lettre de cadrage, a instruit au Gouvernement de faire du secteur rural « le moteur de l’économie nationale ».

Le Secrétaire général du ministère de l’Agriculture soulignera, par ailleurs, que pour mieux accompagner les producteurs, le Président de la République, Amadou Toumani Touré, s’est personnellement impliqué dans cette démarche, tout en souhaitant une rencontre avec les acteurs du monde rural, chaque année en début de campagne. D’où la tenue annuelle des journées paysannes, depuis leur instauration à Koutiala, le 14 juin 2003.

Elles seront institutionnalisées par le décret N°03-497/P-RM du 1er décembre 2003. Il ressort de l’examen de l’édition 2005 tenue à Kita, les constats majeurs suivants : l’effectif pléthorique des participants, le surnombre des cadres par rapport aux producteurs, la dominance dans le programme des exposés scientifiques au détriment d’un réel espace de dialogue entre le Président de la République et les producteurs. C’est ce qui explique le besoin d’innover.

Zhao Ahmed BAMBA
Envoyé Spécial

23 juin 2006.