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Une semaine après l’attaque de Léré (une ville située à 600 km au nord-est de Bamako), le 26 janvier dernier, des masques tombent sur les circonstances qui ont abouti à la prise de la ville par les insurgés. Selon le récit d’un militaire de retour de la localité, les rebelles se sont emparés de la ville à bord de 105 véhicules hyper armés.

On se demande quels moyens les assaillants ont pu se procurer pour tenir tête à l’armée malienne. Depuis plus de deux semaines, ces derniers narguent les forces armées et de sécurité dans plusieurs localités du nord. De Ménaka à Tessalit en passant par Aguelhok et Anderhaboukane, les insurgés ont procédés par des attaques éclairs à l’issu desquelles des combats de plusieurs heures les ont opposés à l’armée. L’utilisation d’hélicoptères de combat n’a pas empêché cette dernière de subir des pertes relativement énormes.

La dernière localité attaquée fut celle de Léré, le 26 janvier. Et la localité se trouve encore sous le contrôle des insurgés. «J’étais dans le camp de la garde nationale, quand les rebelles sont entrés dans la ville de Léré» confesse un militaire en service dans la localité, de retour à Bamako. Au moment de l’ouverture du front, les forces armées maliennes ont «préférer libérer» la ville. Et pour cause ?

Le camp militaire se trouvant dans la ville ne pouvait subir un affrontement en épargnant la vie des populations civiles. Mieux que cela, les assaillants sont entrés à Léré avec une supériorité numérique face aux forces présentes. Selon notre interlocuteur, ils sont arrivés à bord de 105 véhicules, lourdement armés pendant que l’armée, elle, n’en disposerait dans la ville que d’une dizaine. «La moindre des choses dans la protection, c’est de disposer d’un gilet pare-balles. Nous n’en avions pas» a-t-il souligné d’un air triste.

Léré est situé dans le cercle de Niafunké (région de Tombouctou) à la frontière mauritanienne. La ville est assez éloignée des premières localités attaquées par les insurgés (Ménaka, Tessalit, Aguelhok, Anderhaboukane) mais aussi située à plus d’un millier de kilomètres de Gao où s’est installé le commandement opérationnel de l’armée. Faut-il comprendre que l’armée a été surprise par l’ouverture du front jusqu’à Léré ? Selon des informations, l’ordre aux militaires d’évacuer la ville a été instantané et tous les convois n’ont pas eu le temps de sortir avant l’arrivée des assaillants. «La ville s’est largement vidée de sa population, les boutiquiers essayant d’emporter avec eux tout ce qu’ils peuvent. Beaucoup d’habitants de Léré ont regagné leur village d’origine» a expliqué le militaire qui a passé quarante huit (48) heures de séjour dans la ville sous occupation.

Seydou Coulibaly

31 Janvier 2012

©AFRIBONE