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Il constitue la représentativité de la musique malienne, il a aussi pour mission de prospecter, répertorier et mettre en valeur l’héritage prodigieux du Mali dans le domaine de la musique et de la chanson, il se nomme l’Ensemble instrumental du Mali. Au cours de la remise des casettes de la Biennale à l’ORTM le 28 septembre, le groupe de musique a fasciné les invités. Clin d’œil sur 48 ans de carrière musicale.

Créé au lendemain de l’indépendance du Mali en 1961, l’Ensemble instrumental national est un groupe de musique traditionnelle et chorale.

En effet, des cérémonies officielles des grandes rencontres à la célébration des journées mondiales (santé, femmes, enfants…) en passant par les nuits de la solidarité et les dîners officiels, il est associé à tous les grands événements de ce pays.

Le talent de ces artistes n’a pas séduit qu’au Mali parce que la formation a très tôt eu une grande notoriété depuis ses premières années de sa création. Une notoriété qui se manifeste par un palmarès assez fourni et de nombreuses tournées en Afrique (Guinée-Conakry, Algérie, Niger, Libye, Ghana, Gambie, Sénégal…), en Asie (Chine, Corée…), en Europe (France, Allemagne, hollande, Suisse, ex-URSS…) et même en Amérique (Etats-Unis…) pour apporter sa contribution à des festivals prestigieux.

Ecole de l’excellence, symbole de l’unité artistique et culturelle du Mali, l’Ensemble instrumental national est un monument de la musique malienne. Le groupe a longtemps été le passage obligé vers une carrière artistique.

On ne peut pas citer l’Ensemble instrumental sans parler de certaines stars (Sidiki Diabaté et Batourou Sékou Kouyaté, Fanta Damba Koroba, Waldé Damba, Nantenendiè Kamissoko, Saranfing Kouyaté, Mogontafé Sacko, Orokia Kouyaté, Djélimadi Diabaté, Hawa Dramé, Fanta Damba, Kandia Kouyaté, Amy Koïta, Tata Bambo Kouyaté, Dogomani Dagno, Bako Dagnon…). L’Ensemble instrumental ne cesse de faire honneur à ce pays depuis sa création en 1961.

Beaucoup de ces pionniers se sont aujourd’hui éclipsés de la scène de la musique ou même de la vie. Heureusement, à partir des années 1970, ils ont eu le temps de passer le flambeau et surtout leur ferveur pour cette noble et exaltante mission à la nouvelle vague non moins talentueuse et composée des Tata Bambo Kouyaté, Hawa Dramé, Wandé Kouyaté, Ami Koïta, Kandia Kouyaté, Coumba Sidibé, Maïmouna Damba, Djéli Mady Sissoko…

La saga continue

Des virtuoses bien connus de la musique malienne, managés à l’époque par Harouna Barry venu de la troupe de Kayes pour assumer la direction technique.

Les récompenses succèdent aux tournées qui prennent leurs sources dans des compositions originales. En juillet dernier, l’Ensemble instrumental a participé au Festival de la culture africaine de Kanilaï (village natal du président de la Gambie, Yayah Jammeh) d’où il est revenu avec une médaille d’or. Une reconnaissance internationale de plus avant son show inoubliable au Folkife Festival de Washington dont le Mali était l’invité officiel cette année.

Le premier directeur de l’Ensemble, N’fa Bourama Sacko, fut chargé d’abord de recruter les éléments les plus talentueux de chacune des nombreuses traditions.

Il fallait ensuite coordonner entre elles les différentes formes musicales, accorder des instruments (dundunba, jembé, flûte, n’tamani, n’goni, soku – violon) qui n’avaient pas l’habitude de se côtoyer et intégrer le tout dans un spectacle millimétré. Un arrangement à l’opposé des performances traditionnelles où l’improvisation fait loi.

En 1987, Harouna Barry passe le sceptre du management artistique au maestro Massambo Wélé Diallo. Comme quoi, à l’Ensemble instrumental, les générations passent sans que le temps puisse éroder ce que le groupe à de plus spécifique : le talent des sociétaires et l’originalité des compositions qui s’inspirent des sources traditionnelles de la culture africaine du Mali.


Amadou Sidibé

09 Octobre 2008