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« B » a donné naissance à un nouveau-né après huit ans d’absence de son mari émigré. Que faire pour que ce dernier n’apprenne pas la nouvelle.

La polémique s’est engagée, il y a un an, entre certains confrères de la place et des propriétaires de pouponnières privées. Les journalistes avaient accusé les seconds de constituer un réseau de trafiquants d’enfants dans le seul but de se faire de l’argent. Les gérants de pouponnières se disent mus par la seule intention d’empêcher des innocents de connaître une triste fin. Ils jurent la main sur le cœur que leur dessein est noble. Parmi eux certains sont venus par vocation dans l’humanitaire pour avoir passé par des phases difficiles dans leur enfance.

Alors ces rescapés de la déchéance trouvent normal d’aller au secours de ceux qui en ont besoin. Un deuxième groupe qui n’a pas souffert comme le premier déclare avoir prêté serment de faire du bien à ceux qui en ont le plus besoin. Les nombreux bébés abandonnés ou tués par leurs mères indignes n’ont pas demandé à venir au monde. Ces petits anges ne méritent pas d’être jetés sur des tas d’ordures infestes, de finir rongés par les rats ou dévorés par les carnassiers errants de Bamako. Les plus chanceux parmi eux, issus d’une grossesse non désirée, sont ramassés par des passants.

Ces miraculeux sont conduits dans des centres d’accueil publics ou privés. Ils sont placés plus tard dans des familles où la charité, la pitié, la piété, l’amour du prochain ne tolère pas l’abandon d’enfant. Malheureusement ces bienfaiteurs, ces parents dans la plupart des cas, adoptent sans se soucier de ce que le droit positif malien dit en la matière. Les bons samaritains se raréfient aujourd’hui du fait de l’occidentalisation galopante de notre milieu de vie.

En effet adopter un enfant aujourd’hui sans passer par un jugement parfois coûteux est un crime. Les services auxiliaires de justice considéreraient cela comme un enlèvement, un vol d’enfant, voire une séquestration. Cette évolution ne justifie-t-elle pas le nombre sans cesse croissant d’enfants découverts abandonnés sur les décharges dans les environs d’une famille ? Les bébés sont souvent emballés dans un sachet plastique et jetés dans les caniveaux ou sur un tas d’ordures.

Nous avons l’habitude de rencontrer dans différents commissariats de la capitale des jeunes filles interpellées pour avoir commis le crime d’abandon d’enfant ou de s’être rendues coupables d’infanticide. Les interrogatoires de ces demoiselles en détresse sont révélateurs. Elles soutiennent qu’elles ont honte de retourner dans leur village portant sur le dos un enfant né hors mariage. Elles craignent d’être la risée de leurs familles ou de faire l’objet de réprimandes des parents.

Elles ont agi ainsi pour se venger du comportement du géniteur de l’enfant. Autant de raisons qui ne justifient cependant pas de mettre fin à la vie d’un innocent bébé. Les pouponnières privées ont leur place dans notre pays en général et dans les grandes agglomérations urbaines en particulier. Ce sont de grandes concentrations humaines sujettes à une détérioration exponentielle des mœurs. L’Etat n’ayant pas les moyens de venir en aide à tous ces bébés dont le seul tort est de naître hors mariage, des opérateurs privés jouissant d’une bonne moralité peuvent être autorisés à s’occuper de des fruits des escapades nocturnes, de l’infidélité conjugale.

L’histoire du jour va laisser pantois plus d’un. Notre reporter été invité par une famille à prendre part à une discussions contre son gré. La rencontre s’est déroulée dans un grand quartier de la rive gauche du fleuve Niger à Bamako. Le soleil était au zénith quand nous avons reçu un appel d’un numéro inconnu. La personne au bout du fil voulait s’assurer qu’elle s’adressait bien au chargé de la rubrique « faits divers » de L’Essor.

Après confirmation l’interlocutrice a invité notre reporter à se rendre à un certain endroit pour être témoin d’une affaire peu ordinaire. Quelques minutes plus tard, nous étions au rendez-vous. Le chef de famille était absent. Mme et les enfants regardaient une émission d’une télévision étrangère. Dans la cour des jeunes gens s’affairaient autour d’une théière. Une ménagère faisait la vaisselle près du robinet planté dans un coin. Le bruit des chocs des tasses empêchait Madame de se concentrer sur son émission.

Proche de la quarantaine.

Elle était obligée d’augmenter le volume de son téléviseur installé dans un coin du salon. A côté de Madame était assise une femme proche de la quarantaine. L’habillement de l’inconnue, sa chevelure défaite et surtout l’odeur qui se détachait de sa longue robe renseignait sur son état physique : elle avait accouché il y a peu. Près de cette femme que nous allons appeler « B » reposait un petit paquet de vieux tissus. En jetant un regard furtif, nous avons découvert le petit visage clair et les yeux fermés d’un nourrisson. Ce bébé est né il y a quelques heures. Peu de temps après notre arrivée nous avons appris l’histoire de cet ange. « B » est une femme mariée. Son époux est un de nos compatriotes qui vit en Europe. Il a quitté le pays il y a huit longues années.

Sa femme n’avait que 32 ans à l’époque. Avant le départ de son mari, elle s’était rendue dans la maternité de son quartier trois fois. Ses deux premiers enfants n’ont pas vécu. Le dernier a aujourd’hui 9 ans. Le mari de « B », en partant pour l’extérieur avait laissé sa femme, son enfant et sa mère dans une superbe maison en dur. La vieille maman est presque centenaire aujourd’hui. L’épouse de l’émigré « B » est restée en compagnie de sa belle mère et de son enfant dans cette grande maison. Sa seule activité était d’aller récupérer l’argent envoyé par son époux et faire le ménage. Elle prit un moment de l’embonpoint et sentit tout naturellement un besoin biologique. Elle a affirmé qu’elle s’est privée pendant longtemps de toute vie sexuelle. Mais en fin de compte la nature humaine a pris le dessus.

Elle commença à recevoir un jeune mécanicien du quartier pour lequel elle avait une certaine affection. Elle avait connu un jour ce jeune homme en revenant du marché. Elle commença à plaisanter avec lui jusqu’au jour où elle l’invita à lui rendre visite. Après plusieurs visites elle eut la conviction qu’elle pouvait satisfaire de temps en temps sa libido en sa compagnie, sans danger. Elle lui donna un jour son corps. Et elle tomba en grossesse. « Je ne m’en suis rendue compte que lorsque cela a dépassé trois mois », a-t-elle reconnu. « Je ne pouvais pas risquer un avortement qui pouvait me coûter la vie. » L’épouse adultère « B » a accouché mercredi dernier.

Elle a donné naissance à une jolie fille. Mais comment faire comprendre à sa vieille belle mère qu’elle a accouché alors même que son mari, un cousin à elle, réside en Europe ? Comment expliquer à son enfant né après son mariage qu’il venait d’avoir un petit frère dont le père est le petit mécanicien qui répare la moto de sa mère ? Comment expliquer ce qui vient d’arriver à son mari qui envoie chaque mois une importante somme d’argent pour couvrir tous les besoins de la famille ? L’imprudente « B » ne pouvait répondre à aucune de ses questions.

Elle ne voulait pas tuer non plus le fruit de son péché. Elle se précipita chez Madame pour lui expliquer la gravité de la situation et la prier de recevoir en cadeau l’enfant adultérin. Elle avait soigneusement placé le nouveau-né dans une corbeille. Après l’avoir écouté pendant une trentaine de minutes, Madame lui expliqua que sa demande était difficile à satisfaire. Elle lui conseilla de se rendre dans une des pouponnières de la place ou aller expliquer son cas à la police. Mais notre dame ne voulait pas que son secret soit éventé.

Elle supplia Madame sans la convaincre. Enfin de compte, B, la mort dans l’âme assura qu’elle va rentrer chez elle en emportant ce bébé. Mais cette promesse ne convainquit pas Madame. Elle préféra mettre « B » dans sa voiture pour l’envoyer dans une pouponnière. Le conseil juridique de cette structure d’accueil décida de conduire la parturiente « B » devant qui de droit. Trouvera-t-elle une solution à son problème ? Pour l’instant nous ne pouvons rien affirmer.

lundi 12 mars 2012, par Gamer A. Dicko


Accident mortel à Kéniéba

Un terrible accident de la circulation s’est produit le 29 février dernier entre Dabia et Diabarou dans le cercle de Kéniéba. Un camion de 10 tonnes chargé de personnes et marchandises s’est renversé. Le véhicule se rendait sur un site d’orpaillage. L’accident a causé la mort de six personnes. Dix-neuf autres personnes ont été blessées. Ce lourd bilan ressort du constat des gendarmes arrivés sur les lieux peu de temps après la drame. Le transport mixte est tant décrié par les populations. Il est interdit par la loi, mais les transporteurs n’en n’ont cure à l’intérieur du pays. Le transport mixte est la spécialité des chauffeurs sur plusieurs axes dans la région de Kayes. L’impunité et le non respect de la loi ont coûté la vie à d’innocents voyageurs.

M. F. SISSOKO

AMAP- Kéniéba

Essor du 12 Mars 2012