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L’annonce a été faite le vendredi 7 septembre 2012 par des autorités guinéennes devant les représentants de l’Alliance pour la renaissance du Mali (ARM) à l’ambassade de Guinée à Bamako.

L’armement commandé par le gouvernement malien sous le président déchu Amadou Toumani Touré, en souffrance au Port de Conakry depuis le 27 juillet 2012, sera bientôt acheminé à Bamako. C’est du moins l’assurance donnée à l’ARM qui rencontrait vendredi dernier des autorités consulaires guinéennes au Mali.

Cette rencontre faisait suite à l’annulation du sit-in que l’ARM avait organisé le jeudi 6 septembre 2012 au consulat de Guinée, pour manifester sa colère sur le blocage dont font l’objet des armes du Mali au Port de Conakry. Mais, le président du Conseil des Guinéens au Mali, Sékouba Kouyaté, avait, à la suite de négociations, obtenu l’annulation de la manifestation.

En contrepartie, il avait donné rendez-vous à ses interlocuteurs pour le lendemain à l’ambassade de Guinée. Les représentants de l’ARM ont été reçus par le chargé d’affaires à l’ambassade, Issiaga Sylla, qui avait à ses côtés, le consul de Guinée, Malick Diallo et des membres de la communauté guinéenne au Mali.

M. Sylla a expliqué à ses interlocuteurs que la décision de rétention des armes en question n’est pas une décision du président de la République de Guinée, Alpha Condé. C’est plutôt, a-t-il affirmé, une décision des chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). « La Guinée n’a aucune raison particulière de retenir des armes destinées aux forces armées », s’est-il défendu.

La rencontre a été l’occasion pour le diplomate guinéen d’annoncer à ses hôtes que les choses ont évolué positivement ces dernières heures du côté de Conakry. A l’en croire, la délégation malienne dépêchée à Conakry était en train de faire l’inventaire de l’arsenal au moment même où il s’entretenait avec les responsables de l’ARM. Cette étape, selon lui, est pratiquement la dernière avant que les armes ne prennent la direction de Bamako.

« Nous vous donnons notre parole d’honneur que dans peu de temps, ce problème ne sera qu’un mauvais souvenir », a-t-il promis. Abondant dans le même sens, M. Diallo a affirmé que la Guinée ne peut pas être un problème pour le Mali. « Nous ne pouvons pas vous délaisser, car nous estimons que quand le Mali brûle, la Guinée brûle aussi. Laissez-nous faire et observez-nous d’ici 48 à 72 h à compter du lundi 10 septembre 2012″, a-t-il ajouté.

Ces armes sont arrivées à Conakry le 27 juillet dernier à bord d’un bateau pavillon turc en provenance de la Bulgarie. « Je ne connais pas encore la nature des armes, mais retenez que ce sont des armes de guerre en provenance de Bulgarie achetées par le régime de ATT », a déclaré mercredi Abdoul Kabélé Camara, ministre délégué guinéen en charge de la Défense, dans un entretien avec l’AFP.

Cette affaire, courant semaine dernière, a provoqué des remous au sein des populations maliennes. Par peur de représailles, plusieurs commerçants guinéens à Bamako ont préféré fermer leurs magasins jeudi et vendredi derniers. Au même moment, l’ambassade et la résidence de l’ambassadeur guinéen étaient transformées en forteresses avec la présence d’un impressionnant dispositif sécuritaire, composé d’unités de la gendarmerie, de la police et de la garde nationale.

Diakaridia Sanogo

Les Echos du 11 Septembre 2012


Hamadoun A. Guindo, SG de la CSTM : «La Cédéao ne débloquera pas nos armes»

Face à la presse dimanche au siège de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), Hamadoun Amion Guindo a affirmé que le président de la République, Pr. Dioncounda Traoré, devait saisir la Cédéao pour qu’elle débloque les armes du Mali avant une demande logistique et de troupe. Il a révélé qu’Amadou Haya lui a fait part qu’il a reçu l’information que la Cédéao ne libérera pas notre armement bloqué aux ports avant que ses troupes ne soient au Mali.

La CSTM et la Copadem se sont entretenues avec la presse dimanche sur la lettre de Dioncounda Traoré adressée à la Cédéao, la crise au sein de la Copam et l’organisation de la concertation nationale.

Sur la lettre de Dioncounda Traoré, Hamadoun Amion Guindo a indiqué qu’ils ont reçu la copie de la lettre à la Copadem et à la Copam qui parle de la sécurisation des institutions de la transition, de réorganisation des forces armées et de sécurité et de restauration de l’intégrité territoriale notamment par l’envoi de 5 bataillons.

A ses dires, la lettre note qu’il revient à l’armée malienne d’être aux devants du combat pour dégager les ennemis, les 5 bataillons de la Cédéao n’intervenant que pour sécuriser les villes et villages libérés.

Pour Amion Guindo, le président devait, à la place de la demande de soutien logistique et de troupe, saisir ses pairs de la Cédéao pour qu’ils libèrent les armes achetées par le Mali. M. Guindo a révélé qu’Amadou Haya lui a fait part qu’il a reçu l’information que la Cédéao n’est pas prête à libérer nos armes avant que ses troupes ne viennent au Mali.

« Nous pensons, vu la situation du Mali, que la première des choses pour la Cédéao aurait dû être de libérer nos armes qui sont aux ports pour que l’armée puisse être en possession de ces armes. Je pense que s’il y a un geste de solidarité vis-à-vis du Mali c’est de nous permettre d’avoir nos armes. Ensuite, la Cédéao en fonction de ses capacités peut venir appuyer le Mali« , a-t-il analysé.

La concertation national les 17 et 18 septembre

Il a ajouté : « Nous ne comprenons pas comment des troupes étrangères vont venir au Mali sachant que l’armée n’ait des armes. Quel est l’objectif réel de la Cédéao ? C’est la question que nous nous posons. Nous disons qu’il y a là une erreur grave de la part du président intérimaire« . Selon lui, le président a l’obligation de s’expliquer devant le peuple malien sur une telle décision.

Se prononçant sur la crise à la Copam, Amion Guindo a expliqué qu’après la mise place du gouvernement, ses camarades politiques ont demandé qu’il y ait un règlement intérieur pour gérer la Copam. Et de dire qu’il leur a fait savoir que cela n’est pas possible au regard de leurs statuts particuliers.

« Nous avons demandé à MP-22 et à ADR d’adopter leurs statuts et règlement intérieur commun sans engagement formel de notre part. Nous leur avons dit que dès qu’on finit la concertation nationale, il faudrait que la Copam prenne un autre visage. Là, nous nous ne sommes pas entendus. Ils ont dit qu’ils vont destituer la Copadem de la Copam en oubliant que la Copam est partie de la Copadem. Le siège de la Copam est ici au siège de la CSTM. La Copam a été créée ici« , a indiqué M. Guindo.

Il a informé que la concertation nationale se tiendra les 17 et 18 septembre au CICB. Ces assises nationales devront élaborer une feuille de route pour la sortie de crise.

Sidiki Doumbia

Les Echos du 11 Septembre 2012