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L’Eglise catholique du Burkina Faso a annoncé lundi qu’elle ne siègerait pas au Sénat, une éventualité prévue par la loi également rejetée par l’opposition qui y voit un moyen pour Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 1987, de modifier la constitution afin de se représenter en 2015. « Notre participation à un tel processus nous amènerait toujours à un alignement sur telle ou telle position et nous enlèverait ainsi toute possibilité de jouer notre rôle premier d?autorité morale qui est celui d’éclairage, de promotion de la cohésion sociale et de médiation au besoin, tant au service de la majorité que de l’opposition », remarque le clergé dans un communiqué. En juillet dernier, les évêques du Burkina Faso avaient exprimé leur rejet du Sénat et attiré l’attention du gouvernement sur les menaces que sa mise en place faisait planer sur la paix sociale. Le Sénat, créé par une loi votée le 21 mai par les députés, comprendra 89 membres, dont 31 nommés par le chef de l’État, une autre partie désignée par les organisations de la société civile (religieux, syndicats, patronat) et une dernière issue des conseils régionaux et de la diaspora.Début septembre, l’opposition avait rejeté de nouvelles propositions d’un Comité de suivi et d’évaluation des réformes politiques, qui proposait de réduire le nombre de sénateurs de 89 à 71 et de ramener l’âge minimum requis de 45 à 35 ou 30 ans. AFP.