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Les élections du dimanche 26 avril 2009 dans la circonscription électorale de Bougouni ne ressemblaient pas à celles des autres circonscriptions du pays et pour cause: chaque électeur du Banimonotié a voté doublement, puisqu’il fallait élire les conseillers communaux en même temps que le remplaçant du défunt député BARICA, Mamadou Sinayoko dit “Gaucher”.

Dix candidats étaient en lice pour l’élection partielle d’un député. Ce sont : Wassa Dembélé (UDM), Seydou Diawara (URD), Moussa Diakité (ADEMA), Mamounata Koné (SADI), Makoura Koné (FCD), Samirah Touffic Damen (BARICA), N’Golo Traoré (CODEM), Adama Doumbia (PER), Djakaridia Diakité (RPM), Broulaye Samaké (MPLUS-RAMATA).

Vers un second tour

Aux dernières nouvelles, l’on s’acheminerait vers un second tour entre l’URD arrivé en tête et l’ADEMA en deuxième position. La veuve Sinayoko Samirah Touffic Damen du BARICA serait en troisième position. Il faut rappeler que parmi les dix candidats, trois s’étaient déjà présentés aux législatives de 2007 dans ladite circonscription.

Il s’agit de : Seydou Diawara de l’URD, Mamounata Koné du SADI, Djakaridia Diakité du RPM, tandis que cinq nouveaux partis politiques prennent part pour la première fois à un scrutin législatif à Bougouni. Il s’agit de : l’UDM, la FCD, la CODEM, le PER et MPLUS/RAMATA.


Le barica, nouvel arbitre du jeu

Avec son rang de troisième, le Barica devient le nouvel arbitre du jeu entre l’URD et l’ADEMA. Quant à la CDS, elle a déclaré dès le départ qu’elle soutient la liste URD pour les partielles de Bougouni, bon nombre d’observateurs ont cru que la CDS est l’arbitre du jeu.

On le sait, la circonscription électorale de Bougouni est considérée comme étant le fief de Blaise Sangaré. En tout cas de 1997 jusqu’à 2002 la CDS a occupé les 4 postes de députés a Bougouni. C’est seulement 2007 qu’il a perdu face à la coalition Barica/Adema /MPR.

Puisque le défunt Gaucher a tissé une alliance avec l’ADEMA en 2007, les moralistes avaient pensé que l’ADEMA ne devrait pas prendre part au législative partielle du 26 avril dernier contre la femme du défunt Gaucher. Si l’on se refère a cette boulimie de l’Adéma, tout porte à croire que la veuve Sinayogo Samirah Touffic Damen appelera à voter pour l’URD.

Rappel des faits

C’est l’article 42, section 3 de la constitution du 25 février 1992 qui parle d’élections partielles en cas de décès ou d’empêchement définitif d’un député. Dans l’un des cas, c’est le président de l’Assemblée Nationale qui saisit la Cour Constitutionnelle qui, par arrêt, constate et déclare la vacance du siège.

C’est ce qui a été fait, et la Cour Constitutionnelle du Mali, par un arrêt en date du 2 février 2009, a constaté et déclaré la vacance du siège qu’occupait “Gaucher”. La loi prévoit qu’en cas de vacance de siège, il y a lieu de procéder à une élection partielle dans un délai de trois mois à l’effet de pourvoir le siège, sauf si la vacance intervient dans les douze derniers mois précédant le renouvellement général des mandats des députés.

Ce qui n’est pas le cas ici, puisque Gaucher a été élu en 2007, tandis que le renouvellement général des mandats des députés est prévu pour 2012.


L’URD et l’ADEMA dans les urnes le 17 mai prochain

Puisqu’aucun des 10 candidats n’a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés le 26 avril dernier, un second tour aura lieu le 17 mai prochain entre l’URD et l’ADEMA qui se sont classés premier et deuxième lors du premier tour.


Daba Balla KEITA

28 Avril 2009