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Le 1er tour des élections législatives partielles dans la circonscription électorale d’Ansongo pour désigner celui qui succédéra à feu Sagdoudine Ag Albakaye ressemble à un affrontement entre un marabout, un enseignant et deux éleveurs. En effet, les quatre candidats déclarés pour l’unique siège sont: Salah Ag Albakaye, profession marabout (URD), Saïdou Ahmadou Cissé, enseignant (Indépendant), Mohamed Ag Moussa (ADEMA) et Souleymane Ag Almahmoud (PCR) sont tous deux éleveurs.

Si aucun de ces quatre candidats ne parvenait à obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés lors du 1er tour prévu pour le 24 août 2008, un second tour aura lieu le 14 septembre, soit 21 jours après le 1er tour pour pouvoir départager les deux candidats arrivés en tête des suffrages exprimés le 24 août.


Veillée d’arme à Ansongo

A la veille de la publication des listes définitives de candidatures par la Cour Constitutionnelle qui interviendra au plus tard ce jeudi 24 juillet, c’est la veillée d’arme à Ansongo. Au sein des états majors des partis politiques qui ont présenté un candidat, l’heure est au “peaufinement” des dernières stratégies électorales ainsi qu’à la mobilisation des ressources.

Les cartes électorales, remises au ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales par la Délégation Générale aux Elections (DGE) le vendredi 18 juillet dernier ont été achéminées sur le terrain le lundi 21.

Officiellement, la campagne s’ouvre le 3 août pour prendre fin le 22 août. La distribution des cartes électorales commence dès le lendemain de la proclamation des listes de candidatures par la Cour Constitutionnelle.

Déjà, le Parti Citoyen pour le Renouveau (PCR) a choisi son directeur de campagne en la personne de M. Boubacar Nouhoum Diallo, l’un de ses candidats malheureux aux élections législatives de 2007 à Ansongo. L’ADEMA et l’URD sont dans une logique de victoire, tandis que l’indépendnt Saïdou Ahmadou Cissé ne démord pas, puisqu’il était candidat pour le même fauteuil en juillet 2007.


Le cas de l’ADEMA

En décidant de présenter un candidat pour la deuxième fois consécutive en l’espace d’un an aux élections législatives dans la même circonscription, l’ADEMA ne veut-il pas laver un affront et par la même occasion renforcer sa majorité au sein de l’Hémicycle?

On serait tenter de repondre cette question par l’affirmative quand on sait que c’est l’ADEMA et l’URD qui sont arrivés en tête après le 1er tour des législatives de 2007 à Ansongo. L’ADEMA a obtenu un score de 24,97% et l’URD 32,42%.

Au deuxième tour du scrutin, l’URD l’emporta sur l’ADEMA par 51,62% contre 48,38%. Tout porte donc à croire que l’ADEMA veut prendre sa revanche sur l’URD.

Après les deux tours des législatives de juillet 2007 l’ADEMA a pu constituer un groupe parlementaire de 46 députés à l’Assemblée Nationale conte 29 pour son poursuivant immédiat qui n’est autre que l’URD.

C’est fort de cette majorité relative que le parti de l’Abeille solitaire, emblème de l’ADEMA a la présidence de l’institution, tandis que la 1ère vice-présidence est revenue au parti de la poignée de mains, emblème de l’URD.


Un défi pour l’URD

Sagdoudine Ag Albakaye était l’un des deux députés de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) élu le 22 juillet 2007 dans la circonscription électorale d’Ansongo.

Il est décédé le 22 avril 2008 des suites d’une longue maladie. Lorsqu’il s’est agi de trouver son remplaçant en organisant des élections partielles, l’URD a désigné son frère cadet Salah Ag Albakaye pour lui succéder. Dès lors, gagner la partielle d’Ansongo devient un défi pour l’URD, ne serait-ce que pour honorer la mémoire du défunt.

En tout cas, le colistier de Sagdoudine Ag Albakaye, l’honorable Abdoul Malick Seydou Diallo à un tournant décisif de sa carrière politique. Pour l’instant, l’URD compte 29 députés à l’Assemblée Nationale. Si Salah Ag Albakaye est élu, le parti franchira la barre de 30 parlementaires au sein de son groupe.
Daba Balla KEITA


Législatives partielles d’Ansongo

Baptême de feu des neuf sages de la Cour Constitutionnelle

Par décret N°08-080/PRM du 10 février 2008 de la présidence de la République, la Cour Constitutionnelle du Mali, garante des droits fondamentaux de la personne et des libertés publiques, également organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics, a été rénouvélée à 1OO%.

Un mois plus tard, c’est-à-dire le 10 mars 2008, les neuf nouveaux membres ont prêté serment à l’Assemblée Nationale devant le président de la République et le Premier ministre. Depuis, personne n’a entendu parler des membres de la Cour Constitutionnelle.

Et d’ailleurs, en déhors des périodes électorales, cette institution est moins visible. Les élections législatives partielles d’Ansongo en cours de préparation sonnent donc comme un baptème de feu pour la Cour Constitutionnelle.

Comment les membres de la cour constitutionnelle sont nommés ?

Comme le stipule de l’article 91 de la constitution, la Cour Constitutionnelle comprend 9 membres qui portent le titre de conseillers avec un mandat de sept ans renouvelable un fois.

Les neuf membres de la Cour Constitutionnelle sont désignés comme suit :


trois nommés par le Président de la République dont au moins deux juristes ;

trois nommés par le Président de l’Assemblée Nationale dont au moins deux juristes ;

trois magistrats désignés par le Conseil Supérieur de la Magistrature.

Les conseillers sont choisis à titre principal parmi les Professeurs de droits, les Avocats et les Magistrats ayant au moins quinze ans d’activité, ainsi que les personnalités qualifiées qui ont honoré le service de l’Etat.


Les neuf membres désignés

C’est dans ce sens que le Président de la République a pris une décision le 10 février 2008 portant désignation de : Mme Dao Rokiatou Coulibaly, Magistrat ; M. Boubacar Tawaty, Administrateur Civil ; M. Amadi Tamba Camara, Magistrat comme membres de la Cour Constitutionnelle.

Le président de l’Assemblée Nationale à son tour a désigné le 8 février 2008, M. Makan Keremakan Dembélé, Juriste ; Mme Fatoumata Diall, Magistrat ; M. Mohamed Sidda Dicko, Magistrat membres de la Cour Constitutionnelle.

Le Conseil Supérieur de la Magistrature, réuni le 10 février 2008 a désigné Mme Manassa Daniogo, Magistrat ; M. Ousmane Traoré, Magistrat ; M. Mallé Diakité, Magistrat comme membres de la Cour Constitutionnelle.


AMADI TAMBA CAMARA, le remplaçant de SALIF KANOUTE

Conformément à l’article 92 de la constitution les 9 membres de la Cour ont désignés Amadi Tamba Camara le 14 mars 2008 comme président de la Cour Constitutionnelle à l’issue d’un scrutin secret qui a enregistré 3 candidats au poste du président de l’institution. Dès le 1er tour Amadi Tamba Camara l’emporta par 7 voix sur Manassa Daniogo et Mallé Diakité.

Du marché Dibida, le siège de la Cour Constitutionnelle a été transporté à l’ACI 2000. Les neuf sages seront-ils à la hauteur des attentes?

Daba Balla KEITA

23 Juillet 2008