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C’est cette question qui brûle les lèvres des observateurs politiques, après l’annonce faite par le gouvernement, relative à l’organisation -le dimanche 24 Août 2008- d’une élection dans la circonscription électorale du cercle d’Ansongo, en vue de procéder au remplacement du député URD, Sagdoudine Ag Albakaye, décédé le 22 Avril 2008.

Les enjeux d’une telle élection partielle ne sont plus à démontrer, après celles organisées dans la Commune V et à Sikasso en 2005. Signalons qu’après avoir été saisie par le président de l’Assemblée nationale par rapport à ce décès, la Cour Constitutionnelle a, par arrêt du 30 Mai 2008, constaté et déclaré la vacance du siège.

La loi prévoit qu’en cas de vacance de siège d’un député, il est procédé à une élection partielle, dans un délai de trois mois, à l’effet de pouvoir ce siège, sauf si la vacance survient dans les douze derniers mois précédant le renouvellement général des mandats des députés. Ainsi, conformément à cette loi, le Conseil des ministres a adopté un projet de décret portant convocation, le 24 Août 2008, du collège électoral de la circonscription du cercle d’Ansongo, afin de procéder à l’élection d’un député à l’Assemblée nationale.

Comme pour les législatives générales, si aucun candidat n’obtient la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, il sera procédé à un second tour, le dimanche 14 Septembre 2008. Pour le premier tour, la campagne électorale est ouverte le dimanche 3 Août 2008 à zéro heure, et sera close le vendredi 2 Août à minuit. En cas de second tour, la campagne électorale sera ouverte le jour suivant la proclamation définitive des résultats du premier tour, et close le vendredi 12 Septembre 2008, à minuit.

Les enjeux d’une telle élection sont importants, tant pour l’URD qui cherchera à conserver son siège et pour d’autres partis politiques que pour des candidats indépendants qui chercheront à prendre leur revanche en remportant l’unique siège.

Parmi ces partis politiques, on cite la principale rivale du parti de la “poignée de mains”, l’Adéma-PASJ, et le RPM d’Ibrahim Boubacar Keïta. Quel parti remportera donc cette élection? Nul ne saurait répondre pour l’heure à la question. Mais certains observateurs politiques estiment que les cartes sont favorables au parti de l’Enfant de Niafunké (Younoussi Touré) qui bénéficie d’une grande influence dans la quasi totalité des circonscriptions électorales du Nord-Mali.

Aussi, n’est-ce pas l’URD qui a remporté l’unique siège à pouvoir, lors des élections législatives générales de 2007 à Ansongo?, interrogent d’autres observateurs. Ce pronostic favorable, qui n’est que de l’estimation, ne doit pourtant pas amener les responsables de l’URD à perdre vigilance et rester bras croisés, sans battre campagne jusqu’au jour de l’élection.

En tout cas, on apprend que l’Adéma qui vise à démontrer sa suprématie, et le RPM qui entend améliorer le tableau sombre du nombre de ses élus, mettront tout en oeuvre pour remporter l’unique siège. C’est dire que les élections partielles passées en Commune V et à Sikasso, en 2005, démontrent à suffisance que l’URD, malgré son influence dans ladite localité (Ansongo) pourrait perdre ce unique siège.

Rappelons que lors de cette élection partielle de 2005 en Commune V, en vue de procéder au remplacement du défunt député RPM, Kadari Bamba (décédé à la suite d’un accident de circulation), c’est le parti de la Ruche qui l’avait remportée, malgré les pronostics favorables au parti du Tisserand. Tandis qu’à Sikasso, c’est le RPM qui avait remporté face à l’Adéma,lors del’élection qui devait voir le remplacement d’u député du parti de la Ruche, également décédé.

A la lumière de ces élections partielles, on constate que le RPM et l’Adéma n’ont pas pu honorer la mémoire de leurs députés disparus, en gagnant ces éections. L’URD parviendra-t-elle donc à honorer celle de feu leur député, Sagdoudine Ag Albakaye, en gagnant celtte élection?

Dans tous les cas, cette élection partielle d’Ansongo constitue un vote test pour les partis politiques, à la vieille des élections communales 2009. Et sans nul doute, elle permettra, aux différentes formations politiques, de mesurer leurs forces sur le terrain.

Moussa TOURE

30 Juin 2008