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Comme l’on devait s’y attendre, ce dimanche 24 Août 2008 aura été une journée très mouvementée dans la vieille cité d’Ansongo, en raison des enjeux du scrutin qui s’y déroulait. Et comme tout le monde le sait, cette bataille a mis aux prises des formations politiques qui n’étaient sans doute pas de forces égales, du fait qu’elle opposait des candidats de partis politiques bien implantés à une candidature indépendante.

En effet, il s’agit des candidats Sahah Ag Albakaye de l’Union pour la République et la Démocratie (URD), Mohamed Ag Moussa de l’Adéma-PASJ, Souleymane Ag Almahmoud du Parti Citoyen pour le Renouveau (PCR) et Saïdou Ahmadou Cissé d’une liste indépendante. Rappelons que ces quatre candidats se sont lancés dans cette course pour succéder au député élu à Ansongo et décédé le 22 Avril 2008 au cours de l’exercice de son mandat : feu Sagdoudine Ag Albakaye .

On se rappelle, en effet, que l’honorable défunt Sagdoudine Ag Albakaye, avait été élu sous les couleurs de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) présidée par Younoussi Touré et non moins vice-président de l’Assemblée nationale.

Aussi, dans le cadre de ces élections, le parti de la “Poignée de mains“ devait tout mettre en œuvre pour honorer la mémoire du défunt. On pouvait donc parier que l’Adéma serabien dans la course.

Ceci étant, les résultats provisoires, tels qu’ils sont annoncés par nos sources, avaient révélé une nette avance des deux “gladiateurs“ favoris de la compétition, à savoir l’URD et l’Adéma, les deux autres ayant mordu la poussière avec un faible pourcentage enregistré.

L’Adéma et l’URD au coude-à-coude

Dans le cadre de ce scrutin, tous les pronostiqueurs mettaient en évidence l’hypothèse d’un second tour où les candidats de l’URD et de l’Adéma-PASJ seront face à face. Mais si, à l’Adéma, on ne dénie pas sa place de première force politique du pays, on ne peut non plus douter de l’importance de la place qu’occupe l’Union pour la République et la Démocratie (URD), en tant que deuxième force de l’échiquier politique.

Pourtant, au regard du siège laissé vacant et appartenant autrefois à l’URD, ce serait tout à l’honneur de cette formation politique de se battre pour ne pas subir l’insulte… d’ une victoire de son adversaire : l’Adéma. A cet effet, des sources proches de ce parti avancent déjà des résultats de ce scrutin, même si du côté de l’Adéma, ces résultats avancés sont contestables.

Selon des sources émanant du milieu du parti de la “Poignée de mains“, il est fort probable qu’un second tour de scrutin ne soit pas envisageable, dans la mesure où, affirment lesdites sources, leur candidat a une avance sur celui de l’Adéma, avec 47% pour l’URD, et et 39% pour son adversaire.

Toutefois, ces sources précisaient que ces résultats sont provisoires ; car le décompte n’était pas totalement fait par les autorités en charge de la question, c’est-à-dire, le ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales.

Toujours est-il qu’au moment où on mettait sous presse, le taux de participation de ce scrutin était de 54,31% . L’URD avait obtenu 9 736 voix ; et l’Adéma, 13 645 voix. Les électeurs incrits sont au nombre de 75 309 qui devaient voter dans 202 bureaux. On a dénombré 1664 bulletins nuls, avec 39 239 suffrages exprimés.

Reste à savoir si ces données seront confirmées ou pas par le ministère de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales qui de vait proclamer les résultats provisoires hier. Mais c’est la Cour Constitutionnelle qui aura le dernier mot, car c’est elle qui dira si l’URD l’a effectivement dès le premier tour comme le disent certains, ou si un deuxième tour de scrutin était nécessaire pour attribuer le poste.

Dans l’hypothèse d’un second tour, les deux candidats du bas de la liste (ceux du PCR et de la liste indépendante) seront tout à fait indispensables pour la victoire de l’un des deux premiers, après le verdict du premier tour qui s’est joué ce dimanche. Alors, on assisterait peut-être à de véritables marchandages, comme la classe politique nous l’a si bien habitués, dans des situations similaires passées.

Ce serait beaucoup plus à l’avantage de l’URD si son candidat venait à gagner dans cette élection. Dans le cas contraire, le parti n’aura pas oeuvré pour honorer la mémoire de feu Sagdoudine Ag Albakaye, décédé le 22 Avril dernier” . C’est, en substance, ce qu’a déclaré hier (26 Août) un militant de l’URD, démontrant ainsi tout l’intérêt que le parti de la “Poignée de mains” doit accorder à ces législatives partielles qui se déroulent à Ansongo (Gao).

Le sentiment de ce militant est aussi partagé par plusieurs militants de la famille politique de l’Union pour la République et la Démocratie. Ces législatives partielles représentent donc un test pour ce parti, avant les élections communales de 2009, une occasion beaucoup attendue par les militants, et cadres URD, pour jauger la force de cette formation politique avant les élections générales de 2012.

Une autre occasion qu’attend l’URD pour porter son candidat à la tête de la Présidence de la République. Mais dans ce combat, le parti aura en face de lui l’Adéma. Ce scrutin d’Ansongo peut alors tout simplement se présenter comme un indice.

Laya DIARRA

28 Aout 2008