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S’il y a une institution de la République qui focalise toute l »attention des maliens, ces derniers temps, c’est bien la Cour Constitutionnelle, qui doit dire son dernier mot, sur les résultats du second tour des législatives.

Pour bon nombre de maliens, l’institution” traîne trop les pieds” dans la proclamation desdits résultats. Mais ce qu’ils ignorent peut-être,c’est que, pour ce qui est de ce second tour, les juges constitutionnels ne sont tenus par aucun délai. Ce qui est sûr, cette polémique prendra bientôt fin, puisque la Cour doit rendre son arrêt cet après-midi.

Pour parler des prérogatives du juge constitutionnel, il faut faire appel au texte fondamental. Selon l’article 86 de ce texte, (constitution du 25 février 1992) ,la Cour Constitutionnelle statue obligatoirement sur la régularité des élections législatives dont elle proclame les résultats. Pour spécifier et renforcer cette disposition constitutionnelle, il a été précisé, par la loi électorale, que la Cour procède au recensement général des votes, examine et tranche définitivement les réclamations et statuts, souverainement, sur la régularité de l’élection des membres à l’Assemblée nationale.

Mais ce qu’il importe de retenir dans ces pouvoirs du juge constitutionnel, c’est que, au constat de l’existence d’irrégularités, il lui appartient d’apprécier si, au regard de la nature et de la gravité de ces irrégularités, il y a lieu de maintenir lesdits résultats ou de prononcer leur annulation totale ou partielle. C’est sur cette compétence dévolue à la Cour que certains ont aujourd’hui fondés leurs espoirs.

Aussi, Boubacar Touré dit “Bou”, député RPM, donné perdant, s’est prononcé, hier, à travers la presse, en lançant :“La lenteur de la Cour alimente la suspicion”. Cet avis du candidat qui a voulu rempiler à Niono pourrait être partagé par tous ce qui ne connaissent pas les pouvoirs dévolus à un juge constitutionnel.

Au terme du scrutin du 22 juillet, « une pluie” de requêtes a été enregistrée par les neuf Sages de “Dibida”. Aussi, leur examen nécessite beaucoup de minutie , tant les griefs formulés par des candidats et des partis contre ces élections nécessitent délicatesse et vigilance de la part du juge constitutionnel.

A travers ces grincements de dents que suscite le “silence” de la Cour constitutionnelle, il faut aussi entrevoir un procès d’intention de la part de certains candidats. En effet, depuis le démarrage du processus électoral de cette année, beaucoup de responsables politiques se sont illustrés dans des critiques et des accusations infondées. Ce qui, selon les citoyens, constitue souvent l’arme des mauvais perdants. Et pour cause.

Dès le début de la campagne, certains d’entre eux avaient commencé à se plaindre du comportement de tel ou tel parti ou candidat indépendant. Tout simplement parce que ceux- ci pourraient constituer un obstacle pour leur élection dans leur circonscriptions électorales respectives.

Le jour du scrutin encore, d’autres auraient continué à verser dans l’accusation. Le phénomène s’est particulièrement produit dans le District de Bamako où, dans presque toutes les communes, des listes se sont plaintes, lors de la compétition. C’est aussi le cas en Communes IV, V et VI du District.

Pour ce qui est de la situation en Commune IV, où le député sortant, Me Demba Traoré était en confrontation avec la liste l’ADEMA-L’UDD- MPR, elle continue d’alimenter les débats dans ladite commune et dans la capitale.

Autant de problèmes qui pourraient aussi inciter la Cour constitutionnelle plus de vigilance, avant de proclamer les résultats de ce second tour des législatives. C’est donc là tout le suspens qui augmente l’anxiété de bien des candidats provisoirement élus.


Laya DIARRA

10 août 2007.