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Si le gouvernement malien maintient toujours les 24 novembre et 15 décembre 2013 comme dates des prochaines élections législatives, des interrogations persistent sur la faisabilité de cet agenda dans le nord du pays notamment dans la région de Kidal où des groupes armés exigent un report.

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Après la présidentielle qui a abouti à l’élection d’Ibrahim Boubacar Keïta, le pays prépare des élections législatives. L’agenda annoncé sera-t-il modifié ? Réponse du chef de la mission d’observations électorale de l’Union européenne (Moe-Ue), le député européen Louis Michel : «Il est vital, vital, qu’on fasse ces élections législatives aux dates prévues».

La question découle d’une demande de report du scrutin du mouvement national de libération de l’Azawad (Mnla). Les autorités n’ont pas encore donné de réponse à la requête mais multiplient les mesures d’assouplissement en faveur du groupe armé : libération de dizaines de prisonniers de guerre, levée de mandats d’arrêt contre ses leaders, etc.

A la faveur d’une conférence de presse marquant le début de la mission européenne pour la supervision des législatives, Louis Michel a indiqué que le Mali doit rapidement devenir «un Etat garant de contrat social et de la démocratie». «J’aspire à ce qu’il se dote d’une opposition dynamique et d’une société civile active… Seule, cette alchimie sera en mesure de redonner foi à toutes les maliennes et à tous les maliens qui aspirent à un nouveau départ, à une réconciliation nationale indispensable pour la stabilité de la nation et de la sous-région», a expliqué le député européen.

La problématique sécuritaire de la région de Kidal laisse planer la perspective d’un compromis entre l’Etat et les groupes armées. Mais ce compromis va-t-il amener à désarticuler le processus électoral ? Pour le conférencier, la démocratie n’accepte aucune «sorte de terrorisme politique, morale ou même militaire des rebelles».

En clair, le chef de la mission d’observation de l’UE estime que ces élections doivent avoir lieu partout au Mali, y compris dans la région de Kidal. «On ne peut pas se laisser dicter un agenda électoral par des rebelles», a-t-il dit. Au gouvernement de s’assumer donc !

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 17 Octobre 2013