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La campagne pour les législatives du 1er juillet a démarré depuis le 1 0 juin sur toute l’étendue du territoire national. Elle est morose. Les citoyens semblent peu intéressés par ce scrutin. Les candidats, nombreux qu’ils sont racontent n’importe quoi sur les antennes de l’ORTM.

Certains confondent superbement le rôle du député et celui du maire. C’est ainsi que nous avons entendu des candidats s’engager à construire des routes, des centres de santé et des établissements scolaires. Ce sont généralement les candidats indépendants qui se comportent de la sorte.

Sur le terrain et particulièrement à Bamako, les différents meetings ne mobilisent guère grand monde. Les thèmes captivants sont rarissimes. La seule chose que beaucoup de candidats ont en commun est leur engagement à soutenir ATT et leur souhait à lui assurer une majorité parlementaire.

Aucun débat n’est instauré, aucun programme des partis en lice n’est suffisamment connu par les électeurs, aucune mobilisation n’est perceptible. Même les grands supporters de ATT ont baissé les bras depuis le lendemain de sa réélection.

Cependant, les affiches sont quelque peu visibles. Les T-shirts et les pagnes commencent à circuler timidement. Idem pour le thé et le sucre que l’on a l’habitude de servir aux jeunes.

Ce qui est sûr, c’est qu’une faible mobilisation des électeurs se dessine. A la présidentielle du 29 avril, ce sont 36% de l’électorat malien qui ont accompli leur devoir civique. Pour les législatives du premier juillet, le taux de participation s’annonce encore plus bas.

Il est donc grand temps que les acteurs politiques et en première ligne le président de la République, Amadou Toumani Touré appellent les citoyens à s’acquitter de leur devoir civique et démocratique. Les formations politiques doivent également inviter leurs militants – s’ils en ont – et sympathisants à faire la même chose.

Les pouvoirs publics à travers le département en charge d’organiser les élections ont déjà donné le ton. Ils ont intérêt à redoubler d’efforts et à utiliser tous les canaux de communication – modernes et traditionnels – afin de sensibiliser les populations à sortir massivement le jour du scrutin pour voter.

C’est ainsi seulement que la nouvelle Assemblée nationale pourrait jouir d’une légitimité. Sinon, nous aurons des responsables mal élus.

Chahana TAKIOU

19 juin 2007.