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Dans la circonscription électorale de Dioïla, les observateurs politiques prévoyaient une alliance entre le député sortant Konimba Sidibé du Modec et l’ancien député RPM, Mamadou Diarrassouba. Mais la réalité a été toute autre sur le terrain.

Au compte des législatives de novembre 2013, l’Honorable Konimba Sidibé a déjoué tous les pronostics. Pressenti pour s’allier à Mamadou Diarrassouba, les analystes ont été pris à contre courant par les deux mentors politiques de cette localité. Dans cette circonscription qui compte 5 députés, ils sont partis en rang dispersé. Sur les 5 listes en compétition, c’est Diarrassouba qui a réussi la meilleure alliance. Il s’agit de l’alliance RPM/URD/Fare Anka Wuli/Adema-Pasj.

Cette alliance est composée de Mamadou Diarrassouba et de Yiri Keïta du RPM, Bakary Fomba de l’URD, Sékou Fantamadi Traoré de l’Adema et Daouda Coulibaly des Fare. Rien que par la présence des partis RPM, URD, et l’Adema, cette liste serait invincible dans ledit cercle. Donc, partir sur une liste autre que celle-ci relevait du suicide. Car Dioïla est resté l’un des derniers bastions du RPM qui était à l’agonie malgré défaite de M. Diarrassouba sa législatives de 2007. Il est resté en contact avec la population pendant sa traversée du désert et jouissait d’une certaine popularité. Quant à l’URD, c’est une formation en pleine ascension dans le cercle de Dioïla avec plusieurs mairies dont celle de Massigui sous la vigilance de Bakary Fomba, aussi respecté par la population. S’agissant de l’Adema, c’est un vieux parti qui reste tout de même bien structuré avec une machine électorale bien huilée.
Par contre, l’honorable Konimba Sidibé est parti sur liste propre de son parti qui a à peine 9 mois, le Mouvement pour un destin commun (Modec). Sur cette liste, il avait comme colistier Issa Coulibaly, Moussa Doumbia, Abdoulaye Coulibaly et Mahamadou Konaté. Quoi qu’on dise, l’Honorable Konimba Sidibé a prouvé à l’Assemblée nationale de 2007 à 2013 qu’il était un député capable de contribuer au développement de son pays en général et de son cercle en particulier.

Cela à travers de nombreuses interpellations des ministres au sujet des mauvaises pratiques. En plus, il jouissait d’une notoriété et d’une légitimité à Dioïla. Cependant, sa seule popularité ne pouvait tenir face à d’autres fils «chouchou» du terroir, tels que Mamadou Diarrassouba du RPM et Bakary Fomba de l’URD. En aucune manière, il ne pouvait vaincre l’alliance RPM/URD/Fare anka wuli/Adema. C’est pourquoi, malgré sa combativité, ce qui devait arriver arriva. La liste du regroupement de partis RPM/URD/Fare anka wuli/Adema a remporté les législatives dès le premier tour avec 53,18%, selon les tendances qui se dégagent dans ladite circonscription. Selon Mamadou Diarrassouba, l’objectif de cette alliance n’était pas de remporter la victoire, mais plutôt de rassembler les fils du terroir à travers cette union des grands partis politiques. Car les populations ont longtemps été divisées pour des problèmes politiques. Il estime qu’avec cette alliance, tous les habitants du cercle de Dioïla se donneront la main pour une paix durable. Sinon, dit-il, deux partis de cette alliance pouvaient remporter ces élections même s’il fallait un second tour.

Faut-il le rappeler, les autres listes qui faisaient de la figuration sont l’alliance Rpdm / Umam/ADM/UDM représentée par Ismaïla Diaby, Mariam Boiré, Hamidou Diarra, Tiécoura Diarra et Souleymane Togola, l’alliance MPR/Asma-CFP défendue par Yacouba Daoulé Marico, Seydou Tall, Abdoulaye Diallo, Nouhoum Sissoko et Françoise Coulibaly. Enfin, la cinquième liste était celle de la Codem/PACP/UMP/RDP, portée par Amadou Togola, Aly Diarra, Moussokoura Samaké, Bakary Doumbia et Maïmouna Traoré.

Oumar KONATE

Le Prétoire du 28 Novembre 2013