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La ville de Tombouctou prépare, assez mollement, il est vrai, la campagne électorale des législatives prévues pour dimanche prochain. Dans la « Cité des 333 saints », sept listes sont en compétition pour ravir l’unique siège de député de la circonscription électorale de Tombouctou. Il y a tout d’abord celles des trois ténors de la scène politique malienne : Adema, URD et RPM. Le parti de l’Abeille est représenté par l’unique femme candidate du cercle, Aziza Mint Mohamed, conseiller municipal de la ville. Réputée proche de la communauté arabe, qu’on accuse d’avoir collaboré avec les islamistes lors de l’occupation, la candidate de l’Adema avait quitté la région depuis très longtemps, pour rejoindre le cabinet de sa sœur, Diallo Deidia Mahamane Kattra, alors ministre de l’emploi et de la formation professionnelle.

Pour défendre ses couleurs, c’est Ousmane Oumar Maïga que l’Urd a choisi. Le président-fondateur du parti de la poignée de mains, Soumaïla Cissé, a réussi une très bonne performance dans cette région, lors de la dernière présidentielle, et il est, en outre, candidat aux législatives dans la ville de Niafunké proche. Ce qui suscite beaucoup d’espoir dans son camp, décidé à faire le plein dans toute la région.
Quant au parti présidentiel, le RPM, c’est Mahamane Alidji Touré qu’il a choisi d’adouber. Connu pour l’important rôle qu’il a eu à jouer lors de l’occupation, l’homme aura beaucoup de voix, surtout celles qui sont décidées à assurer au président de la République une majorité à l’Assemblée nationale, afin de lui permettre de gouverner plus aisément.

Ce trio aura face à lui un autre trio composé du Parena, qui présente Cheick Ahmed Baba Cissé, de l’Asma/CFP avec Hamoudi Sidi Ahmed, qu’on dit également proche des milieux jihadistes, et l’ADM représenté par son président en personne. Madani Amadou Tall, en effet, a décidé de se lancer à l’assaut de la ville mystérieuse, décidé, une fois élu, de tout mettre en œuvre pour le développement durable de la sixième région. Lui-aussi a de sérieux atouts pour damer le pion aux marchands d’illusions.
Ces deux trios auront à découdre avec El Hadj Baba Haïdara, candidat de l’UM-RDA, mais surtout député sortant qui ne sortira pas facilement. En effet, si l’homme a connu une certaine baisse de popularité au sein des électeurs, qui lui reprochent de ne pas avoir tenu ses promesses de campagne (en 2007) malgré ses liens étroits avec l’ex-couple présidentiel, ATT et Lobbo, et d’avoir failli ainsi à faire amorcer le développement de la région, il a acquis cependant une réputation de franc parleur, faisant régulièrement la restitution à sa base des décisions des sessions parlementaires, de défenseur des régions du nord. Plus d’une fois, ses militants et électeurs l’ont vu monter au créneau, sur des chaines de télévision internationales, en compagnie de sa députée d’épouse, Chato, pour fustiger les forces obscurantistes qui occupaient le nord, pour s’insurger contre les nombreux mensonges des groupes rebelles terroristes touareg.

C’est donc cet homme que les autres candidats vont devoir détrôner.

C.T

Le Prétoire du 18 Novembre 2013