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Les élections législatives du 24 novembre se sont déroulées dans le calme, à l’exception de quelques incidents survenus dans le nord du pays, notamment à Goundam (région de Tombouctou) où des hommes armés ont enlevés une urne. Dans la même circonscription, plusieurs bureaux de vote sont restés non opérationnels durant toute la journée électorale.

jpg_une-2345.jpgLe cadre juridique malien offre un socle suffisant pour l’organisation d’élections démocratiques conformes aux normes régionales et internationales. Mais il reste parsemé de «dispositions obsolètes, contradictoires ou inapplicables». Le constat est de Louis Michel, chef de la Mission d’observation électorale de l’Union européenne au Mali (Moe Ue Mali). Cette mission d’observation électorale a partagé ses premières remarques avec la presse sur le premier tour des élections législatives du 24 novembre 2013.

«Nous sommes impressionnés du volontarisme, de la bonne volonté des autorités» pour l’organisation du scrutin, a déclaré Louis Michel lors de la conférence de presse de ce lundi 25 novembre avant de prendre un vol pour l’Ethiopie. Pour ce député européen, un réel effort a été fourni par les autorités en vue de corriger les anomalies constater lors de la présidentielle du mois d’août. Les incidents survenus dans le Nord sont d’une «ampleur limitée» et «ne sont pas de nature à remettre en cause la sincérité du vote», précise-t-il. La Moe Ue a supervisé le vote dans au moins 789 bureaux de vote dans 27 circonscriptions électorales réparties entre les régions de Kayes, Koulikoro, Mopti, Ségou, Sikasso et le District de Bamako.

Un total de 1082 candidats, repartis sur 410 listes, étaient en compétition à travers les 55 circonscriptions électorales du pays. Ces législatives «sont aussi essentielles que la présidentielle et constituent un pas supplémentaire pour le retour à l’ordre constitutionnel», a souligné le conférencier. Seuls 13 % de ces candidats sont des femmes alors que les maliennes représentent plus de 51 % de l’électorat. D’où la nécessité de «reformer la loi électorale de manière à ne pas reproduire l’inégalité homme/femme», selon Louis Michel.

Ces experts électoraux qui sont au Mali depuis le 24 octobre ont un «message particulier» à passer. Et ce message est à l’adresse des maliens. «Je voudrais leur dire clairement de bien prendre conscience d’une évidence : le droit de vote n’est pas seulement un droit, c’est aussi un devoir», a expliqué le chef de la mission. Sans l’affirmer clairement, l’eurodéputé redoute une chute vertigineuse de la participation à ce scrutin comparativement à la présidentielle où près de 50 % des électeurs s’étaient rendus aux urnes.

«Les maliens ont été remarquables d’engagement pour la présidentielle… Imaginons si tous les citoyens faisaient comme ceux ou celles qui n’ont pas été votés hier, il n’y aura pas de démocratie opérationnelle dans ce pays», a-t-il soutenu, exhortant par ailleurs la classe politique et les candidats à utiliser «la campagne pour le second tour pour mobiliser de manière vivante, vibrante, déterminée et engager l’opinion public et les citoyens ».

«Chaque citoyen a le devoir de faire vivre la démocratie… La démocratie ne peut exister que si les citoyens se mobilisent et prennent la peine de faire ce petit effort d’aller de temps en temps donner leur avis, exprimer ce qu’ils ressentent, faire le choix de celles et de ceux qu’ils veulent qui les représentent et portent dans le fonds leurs préoccupations.
Je suis dans l’obligation morale de demander à tous les maliens et à toutes les maliennes de se mobiliser pour le second tour», a plaidé Louis Michel.

Notons toutefois que le réseau APEM (appui au processus électoral) estime déjà le taux de participation de la population bamakoise à 19 %.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE

Le 25 Novembre 2013