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Ouverte il y a plus d’une semaine, la campagne pour les élections législatives suit son cours. Si, à l’intérieur du pays, les candidats se battent sur le terrain comme des beaux diables, à Bamako le constat est tout autre. A croire que les postulants ne sont pas du tout engagés pour cette course. Qu’est ce qui explique cette timidité qui entoure cette période qui devra être celle du montage des stratégies pour sortir avec un meilleur résultat au terme de ce scrutin qui va se tenir le 1er juillet prochain?

Chaque année électorale, la campagne qui précède le scrutin constitue une bonne occasion pour les candidats en compétition de pouvoir charmer les électeurs afin de les amener à voter pour eux. Cette année, particulièrement, l’athmosphère est toute autre autour de ces échéances. La situation est telle qu’on pouvait être amené à croire que pour ce scrutin aussi les candidats ont opté pour la manière de l’élection présidentielle dont le déroulement a eu lieu le 29 avril dernier.

En effet, tout le monde se rappelle que lors de cette échéance, les candidats n’avaient pas débloqué des moyens colossaux pour faire la campagne. Cela pouvait se comprendre, car, tous étaient conscients que les dés étaient pipés et que ce serait inutile de se fatiguer par des dépenses quand et surtout on connait celui qui va gagner au terme du vote.

De son côté, le président de la République n’a pas, non plus, voulu faire ce que d’aucuns pourraient appeler un jour “une campagne à l’américaine” c’est-à-dire une campagne qui se solde par des grosses dépenses ou on soulage les électeurs par des gestes de billets de banque. Au lieu de cela, on a plutôt assisté à une campagne présidentielle durant laquelle certains se posaient des questions de savoir si la situation était due à l’état de pauvreté du pays ou des différents candidats.

Or, lors des élections en 2002, on a vu des candidats qui rivalisaient, non pas à travers les déclarations d’adresse, mais dans le déployement de moyens pour amener les votants à être acquis à leur cause. Certains n’hésitaient pas à jeter des liasses de billets devant tous ceux qui passaient à côté et devant cette situation personne ne pouvait s’empêcher de “craquer”.

Les mêmes scènes s’étaient produites pour les élections municipales qui ont suivi. D’ailleurs, mêmes les législatives qui avaient précédé la présidentielle s’étaient déroulées dans les mêmes conditions, car, les candidats mesuraient toute l’importance de la place qu’ils convoitaient et qui suscitait beaucoup de convoitise.

Avec l’amélioration du statut de député à l’Assemblée on ne peut pas dire que cette convoitise est devenue moins grande. Loin s’en faut, car, à la convocation pour le dépôt des dossiers devant être constitués ce sont des milliers qui ont accouru vers la Cour constitutionnelle qui a mis certains de côté.

La compétition est restée ouverte seulement à ceux dont l’institution a jugé valable la liste déposée. Parmi ceux-ci, il y a des députés qui veulent se succéder mais plusieurs nouveaux candidats ont fait aussi leur entrée dans la course.

Un autre fait non négligeable, même les opérateurs économiques ne sont pas à l’abri de la tentation pour la représentation à l’hémicycle. Dans l’esprit des électeurs, aussi les opérateurs sont les plus enclins à mettre la main à la poche pour la réalisation de leur rêve.

Quant aux hommes politiques, des professionnels qu’ils sont, ils ont plusieurs astuces pour ce genre de combat. Comme eux, tout le monde semble peut être comprendre maintenant que la politique peut ruiner.

Et pour ces élections qui se tiendront en juillet chacun semble avoir pris conscience de son poids et veut de ce fait être sur ses gardes. Le scénario était prévisible depuis la présidentielle.

Laya DIARRA

15 juin 2007.