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Les législatives 2007 n’ont pas été favorables aux femmes. Les résultats provisoires se revèlent être une contre-performance pour elles avec seulement une douzaine d’élues contre 14 précédemment.

Les résultats provisoires du 2e tour des législatives du 22 juillet dernier laissent apparaître une contre-performance des femmes. Elles étaient 26. A l’arrivée, elles ne sont qu’une douzaine à franchir le cap. Le district de Bamako se taille la part du lion avec 4 élues. Ce score est un recul par rapport à la précédente législature où 14 femmes siégeaient à l’Assemblée nationale.

Au total, 227 femmes avaient fait acte de candidature. Si nombre d’entre elles n’ont pas franchi le 1er tour, la plupart étaient en ballottage défavorable au 2e tour. Lors des premières élections démocratiques, en 1992, seules deux femmes avaient été élues députées. En 1997, elles étaient 18.

Ce recul, aux yeux de nombreux observateurs, a plusieurs explications. Le premier aspect est sociologique et est lié à la compréhension du leadership féminin au sein de la société malienne. Le second aspect est lié à la faible combativité des femmes lors des élections et le dernier pointe du doigt le manque de maturité politique des femmes candidates. Pour certains, le fait que la plupart des candidates n’aient pas de capacité pour un leadership peut s’expliquer par le fait qu’en général, les femmes manquent de confiance en elles-mêmes.

Pour Mariko Korotoumou Théra, qui défendait les couleurs du parti Solidarité africaine pour la démocratie et l’indépendance (Sadi) dans la circonscription électorale de la Commune I du district de Bamako, l’échec des femmes aux élections peut se situer à deux niveaux. Le premier niveau est un aspect financier car, selon elle, on ne peut pas faire de la politique sans argent. Prenant exemple sur elle-même, Mme Mariko déclare : “A tous les niveaux, il faut faire sortir l’argent. Nous sommes dans un système où le candidat qui a beaucoup plus de moyens passe”.

Cette déclaration de l’épouse du secrétaire général de Sadi, nouvellement élu dans sa ville natale de Kolondiéba, est une réalité. Parmi les raisons qui ont poussé les électeurs à bouder les urnes au 2e tour des législatives du 22 juillet figure l’achat de conscience des électeurs. Moralité : les campagnes de sensibilisation des associations et ONGs pour une plus grande représentativité des femmes n’ont manifestement pas produit les résultats escomptés.

Pour ce scrutin, 1408 candidats, dont 227 femmes, soit 16,12 % du total ont sollicité les suffrages des 7 millions d’électeurs pour briguer les 147 sièges de l’Assemblée nationale.

Amadou Sidibé

25 juillet 2007.